Finalement le président français privilégie la maladresse à la place du verbe sensé. Dans son discours de la nouvelle année adressé aux ambassadeurs étrangers Emanuel Macron s’en est pris à l’Algérie l’accusant de s’être déshonorée en empêchant Sansal de se faire soigner. Il appelle en même temps à sa libération immédiate. Comme ingérence on ne fait guère mieux.
La guerre des mots est à présent déclarée entre la France et l’Algérie. On a cru un moment à un possible sursis dans les attaques françaises contre l’Algérie mais il n’en est rien. Le président français, ce chevalier sans armure, car il est désavoué par plus de 70% de son peuple, espère regagner la confiance de celui-ci en s’élançant dans des diatribes dont ce peuple n’en à rien à cirer car il a déjà mis une étiquette sur ce chef d’Etat versatile qui dit une chose la veille pour la contredire le lendemain. En s’attaquant à l’Algérie de manière si frontale en prononçant des mots d’une intense gravité lorsqu’il dit que les autorités judiciaires de l’Algérie ont empêché le détenu provisoire Boualem Sansal de se faire soigner, il s’avance dans un terrain inconnu car il ne détient aucune preuve concernant cette interdiction de soigner un prévenu dont l’état est déclaré grave, nécessitant des soins hospitaliers urgents. En fait cette prétendue gravité de l’état de santé de ce détenu émane de son avocat français dépêché par l’ambassade de France à Alger qu’il rencontre fréquemment dans la prison où il est incarcéré. En réalité c’est un stratagème d’avocat pour faire avancer l’idée que ce détenu est maltraité. Cette tactique n’a aucune valeur sur le plan pénal si elle n’est pas assortie d’une preuve tangible, attestant formellement que le détenu Boualem Sansal souffre d’une maladie grave nécessitant l’urgence d’une hospitalisation. Si cet avocat français était sincère dans ce qu’il avançait les autorités pénitentiaires auraient immédiatement souscrit à sa demande. Pour rappel toutes les prisons algériennes, grandes ou petites, disposent d’une infirmerie et quand l‘état d’un prisonnier est déclaré apte à une hospitalisation d’urgence, la direction de la prison l’achemine immédiatement et dans l’urgence à l’hôpital ou la clinique la plus proche sous bonne garde et avec une priorité absolue des soins à prodiguer. Tout ceci doit être dit de manière claire et transparente pour dénoncer cette calomnie ignominieuse dont se livre la France et en premier lieu son président contre l’Algérie. Si déshonneur il y a c’est bien du coté français qu’il existe.
Quant au déshonneur parlons –en justement
Le déshonneur se mesure par le degré de sa gravité. Dans le cas de la France une telle gravité est avérée par les actes odieux et infâmes perpétrés durant cent trente deux ans sur le peuple algérien. Ce déshonneur avait déjà commencé sous la Restauration quand un coup monté avait été concocté contre la régence ottomane d’Alger à propos d’une affaire scabreuse poussant le Dey d’Alger à réagir contre le représentant de la France en disqualifiant ce dernier par un coup d’éventail, montrant le mépris de l’ottoman affiché contre ce diplomate. Le prétexte était fourni pour la France pour envahir cette Algérie qu’elle convoitait depuis un certain nombre d’années comme ce fut le cas pour la Corse, cette ile originellement italienne. Une occupation qui s’est transformée en colonie de peuplement puis en annexion pure et simple. Cette entorse au droit était monnaie courante dans cette Europe dominatrice de l’époque. Des crimes contre l’humanité perpétrés par des pays comme, l’Angleterre, la France, l’Espagne, le Portugal, la Belgique et les Pays Bas étaient monnaie courante. Ils furent commis bien avant leur désignation par le tribunal de Nuremberg contre le régime nazi, mais on en parle peu ou exceptionnellement . Ce qui s’était passé en Algérie était vraiment un crime contre l’humanité. Bizarrement c’est Emmanuel Macron qui l’a qualifié de la sorte lors de son premier voyage à Alger quand il n’était pas encore président. Donc la palme du déshonneur revient incontestablement à cette France impérialiste et colonialiste qui gouverna les pays qu’elle conquit militairement dans un avilissement permanent des autochtones de ces pays.
L’Algérie doit exiger la réparation des crimes commis par la France
Comment ? En déposant des plaintes au niveau de deux cours , l’une auprès de la Cour de Justice européenne , l’autre devant la cour pénale internationale pour les motifs suivants : Dépossession d’identité , déculturation , appropriation par la force de territoires et de terres appartenant au peule algérien, répression de masse à toute expression à la liberté de manifestation et de parole, exécutions sommaires d’opposants au régime colonial , torture généralisée de militants pour l’indépendance, essais nucléaires entrainant la mort de centaines de civils et irradiant autant d’autres. L’Algérie doit montrer au monde ce qu’était réellement cette France dont on vantait l’humanisme. Cela fera mal et même très mal à M. Macron et à cette France de plus en plus raciste et qui ne s’en cache plus.
