Loi de finance 2025: Les importantes mesures pour un équilibre entre justice sociale et croissance économique

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Publiée fin décembre 2024 sur le Journal officiel, la loi de finances 2025, se fixe comme objectif de stimuler la croissance économique tout en améliorant le bien-être des citoyens. Les prévisions tablent sur une croissance économique de 4,5 % pour les années 2025 et 2026, avec une progression notable de 5 % dans les secteurs hors hydrocarbures. Les recettes budgétaires devraient atteindre 8 523,06 milliards de dinars, soit une augmentation de 3,5 %, tandis que les dépenses budgétaires sont estimées à 16 794,61 milliards de dinars.

Ce texte introduit des réformes ambitieuses visant à moderniser le système fiscal et à encourager l’innovation économique, marquant une étape clé dans la transition vers une économie plus résiliente et diversifiée. Parmi les mesures phares adoptées pour préserver le pouvoir d’achat et réduire l’impact de l’inflation sur les ménages, on note l’exonération temporaire de TVA sur les viandes blanches et les produits de base, une décision destinée à alléger les coûts pour les consommateurs. La prolongation des délais liés à la production d’huile de soja devrait stabiliser l’offre et éviter des hausses de prix, tandis que la réduction des taxes sur l’importation de café vise à contenir les prix d’une boisson essentielle pour la majorité des familles algériennes. A noter que cette loi s’inscrit également dans une stratégie de soutien aux secteurs stratégiques et innovants. Des avantages fiscaux sont prévus pour les startups, la recherche et développement, ainsi que pour l’innovation technologique. Dans le secteur du tourisme, une TVA réduite est instaurée jusqu’en 2027 afin de rendre les services plus compétitifs et d’améliorer l’attractivité du pays. La presse écrite et audiovisuelle bénéficiera d’un soutien financier via de nouvelles taxes, afin de favoriser son développement dans un contexte de transition numérique. En matière de fiscalité, des efforts sont faits pour renforcer la transparence et élargir l’assiette fiscale. La révision du régime IFU et le renforcement des obligations déclaratives visent à améliorer la traçabilité des revenus et à lutter contre l’évasion fiscale. Les paiements électroniques sont encouragés pour réduire l’économie informelle, tandis que les importations de métaux précieux feront désormais l’objet d’un marquage obligatoire, une mesure destinée à limiter les fraudes et à garantir l’authenticité des produits. Dans le même sillage, la simplification des démarches administratives figure également parmi les priorités. Les contribuables bénéficieront de délais prolongés pour certaines déclarations fiscales, offrant davantage de flexibilité pour se conformer aux exigences. Les démarches d’enregistrement d’actes seront allégées afin de réduire les contraintes bureaucratiques. Par ailleurs, des exonérations spécifiques sont prévues pour les donations entre adoptants sous Kafala, une reconnaissance juridique destinée à protéger les enfants concernés. Il faut souligner que la mobilisation des ressources fiscales a été repensée pour corriger certaines inégalités tout en renforçant les revenus de l’État. Une hausse des taxes sur les produits tabagiques vise à décourager leur consommation tout en générant des recettes supplémentaires. De nouvelles taxes sur les propriétés secondaires inoccupées visent à lutter contre la spéculation immobilière, tandis que la revalorisation des tarifs de la vignette automobile et des droits sur les yachts cible les biens de luxe dans une logique de justice sociale. En effet, la réforme fiscale incluse dans cette loi de finances s’efforce de trouver un équilibre entre justice sociale et croissance économique. Elle allège les charges sur les produits essentiels, stimule les secteurs porteurs par des incitations, améliore l’efficacité et la transparence fiscales, et simplifie les démarches administratives pour encourager la conformité. En mobilisant des ressources ciblées, elle ambitionne de financer le développement tout en promouvant une économie plus équitable et durable.

Par Naima Allouche

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