Dans une intervention qui a suscité une vive indignation, l’ancien chef du gouvernement marocain et secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement (PJD), (NDLR : l’obséquieux) Abdelilah Benkirane, a tenu des propos polémiques visant l’Algérie, remettant en cause son histoire et son intégrité territoriale. Lors d’une déclaration qui semble relever d’une stratégie calculée pour regagner la lumière politique, Benkirane a affirmé que certaines régions algériennes, notamment Tindouf et Hassi Beïda, appartenaient historiquement au Maroc. Il a avancé que leurs habitants auraient exprimé, par le passé, le souhait d’obtenir la nationalité marocaine. S’appuyant sur des récits non vérifiés, il a prétendu que ces territoires avaient été « arrachés » au Maroc par la France, laquelle aurait promis de les restituer après l’indépendance. Ces propos révisionnistes, qui ignorent les réalités historiques et juridiques, s’inscrivent dans une longue série de tentatives de certains cercles marocains de réécrire l’histoire à des fins politiques. Ils interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc, exacerbées par des différends géopolitiques et des postures agressives.
Une quête de réhabilitation politique ?
Selon des observateurs, Benkirane chercherait à renouer avec une popularité érodée après que son parti a été largement désavoué lors des dernières élections au Maroc. Son passage au gouvernement a été marqué par des réformes impopulaires, mais surtout par la normalisation controversée avec l’entité sioniste, un choix soutenu par le « Makhzen » mais rejeté par une partie significative de la population marocaine.Pour Abdelkader Bengrina, président du Mouvement de la Construction Nationale en Algérie, ces déclarations traduisent une tentative désespérée de détourner l’attention des échecs internes du royaume. « Benkirane agit comme un pyromane politique, utilisant des discours hostiles à l’Algérie pour se replacer sur l’échiquier marocain. Son parti, devenu un simple instrument du régime, a trahi les aspirations du peuple marocain », a-t-il déclaré. Les déclarations de Benkirane s’inscrivent également dans une logique de provocation qui, selon plusieurs analystes, vise à justifier une posture expansionniste du Maroc. Bengrina a comparé cette attitude à celle de l’entité sioniste, soulignant que le régime marocain partage une obsession pour l’expansion territoriale. Il a également dénoncé l’utilisation de la question saharienne comme levier de diversion face aux crises internes du pays, telles que la corruption, le chômage et les disparités sociales. Les propos de Benkirane, loin de favoriser un dialogue constructif entre les deux voisins, risquent d’attiser davantage les tensions. Alors que la région fait face à de nombreux défis sécuritaires et économiques, ces provocations pourraient fragiliser encore plus la stabilité du Maghreb. Il est essentiel que les acteurs politiques de la région privilégient le respect mutuel et le dialogue, plutôt que des surenchères idéologiques destructrices. En fin de compte, cette sortie de Benkirane illustre à la fois une instrumentalisation du passé et une absence de vision pour l’avenir, tant pour le Maroc que pour la région dans son ensemble.
Par Moahmed Tahar Aissani
