On les connait ces voix qui appellent à une plus grande fermeté vis-à-vis de l’Algérie. Il est inutile de les rappeler car tout le monde les connait. Ces menaces de sanctions contre l’Algérie, à savoir l’abrogation de l’accord de 2013 concernant la suppression des visas pour les Algériens en possession d’un passeport diplomatique ou celle de l’accord dit de 1968. Pour Alger cela ne fait ni chaud ni froid. Chiche ! Que la France applique de telles sanctions et on verra ce que cela donne.
Qu’il s’agisse de l’accord de 1968 ou du rétablissement des visas pour les personnalités algériennes en possession d’un passeport diplomatique l’Etat algérien ne sera en aucun cas ébranlé par ces éventuelles sanctions. Loin de là et pour cause, l’accord de 1968 comme l’a si bien souligné le président Tebboune a été vidé de sa substance. Il est plutôt symbolique et si la France renonce à ce symbole, qu’à cela ne tienne. Au contraire l’Algérie trouvera largement son compte car elle brandira les accords d’Evian qui sont encore beaucoup plus permissifs que cet accord de 1968 qui arrangeait plutôt l’Etat français de l’époque. L’accord d’Evian que la France ne peut récuser car il constitue la base de la fin de la guerre d’Algérie et les fondements de l’après indépendance après le référendum d’autodétermination du 2 juillet 1962 prévoient qu’entre les deux pays il n’y aurait aucune restriction concernant la liberté de circulation des personnes. Que l’Elysée supprime donc cet accord de 1968 cela donnera du punch à l’Algérie car il n’ y aura plus de visas entre les deux pays car on reprendra mot à mot ce qui a été convenu dans les accords du 18 mars 1962 spécifiant clairement et noir sur blanc la garantie d’une libre circulation dans les deux sens des personnes autrement dit des français vers l’Algérie et des Algériens vers la France. A moins d’une renégociation des termes des accords d’Evian et là on connaitra une bataille de procédures interminable qui prendra des années à force d’appels et de recours incessants introduits par les deux parties. Cet aspect des choses est totalement ignoré par les voix hosties à l’Algérie qui vont vite en besogne ne sachant pas que si le président de la république française abonderait dans le sens de ces voix hostiles, autrement dit abrogerait l’accord de 1968 car lui seul en a le droit, cela désavantagerait totalement la France car elle désagrègerait totalement cette fameuse loi sur l’immigration si chère à Bruno Rotaillau. En effet avec un éventuel retour aux accords d’Evian concernant justement la circulation des citoyens français et des citoyens algériens entre les deux pays l’algérophobie de l’extrême droite et de la droite française partira en fumée et on assistera à une circulation sans précédent des voyageurs algériens en France. C’est par millions qu’ils feront des séjours et personne ne pourra le leur reprocher. Est –ce que c’est cela que veut la France? Si c’est le cas nous algériens serons gagnants à 100%. Quant à la sanction relative au rétablissement des passeports diplomatiques pour des personnalités algériennes qui en possèdent, qu’à cela ne tienne ! Ces personnalités n’iront plus à Paris mais à New York car outre atlantique on n’a pas les mêmes préjugés que ceux émanant des deux rives de la Seine. Quant à ceux qui disent qu’il faut sanctionner ceux qui viennent se soigner en France en disposant de privilèges que n’auraient pas les marocains ou les tunisiens la réponse de l’Algérie existe déjà. Cela fait longtemps que l’Algérie a diversifié les soins vers des pays dispensateurs de ceux–ci spéciaux ou particuliers. Parmi les pays préférés il y a la Suisse et la Turquie et dans ce dernier pays la facture est moins chère, l’accueil est chaleureux et les soins sont bigrement meilleurs. Que reste t-il alors en matière de sanctions ? On entend de plus en plus ce refrain complètement loufoque pour ne pas dire stupide de l’aide au développement accordée par la France à l’Algérie. Ils sont fous ceux qui disent cela. Comment un pays considéré comme étant la troisième puissance économique du continent africain ait besoin de ces miettes d’euros? Ne serait –ce pas plutôt le contraire! La France qui a aujourd’hui des problèmes budgétaires énormes aurait plutôt besoin de prêter de l’argent à l’Algérie. Deux ou trois milliards d’euros feraient l’affaire pour éviter que la France ne connaisse le sort connue il y a quelques années par la Grèce. Quant aux tarifs douaniers qui seraient lourdement taxés pour l’Algérie. Faut –il rappeler que cela ne concerne pas la France mais l’Union européenne et avec l’UE les négociations pour un meilleur équilibre des échanges commerciaux vont plutôt bien. Donc sur toutes les lignes la France n’a d’autre choix que de revenir sur la table des négociations pour négocier une autre forme de normalisation qui ne serrait plus dictée par les émotions. Ah si seulement Macron revenait en arrière et reconnaitrait une erreur de jugement concernant le Sahara occidental les choses reviendraient à leur stade initial. On sait bien que cela n’arrivera pas même si à l’Elysée on est en train de se mordre les doigts au sujet d’un choix qui en définitive n’apporte rien de positif à la France, bien au contraire !
