Silence ! On insulte !

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Le silence assourdissant des plus hautes autorités officielles françaises face au déferlement de propos nauséabonds venant de certains acteurs politiques de la droite républicaine et de l’extrême droite pose une question troublante : que signifie ce mutisme complice ?

Ces attaques verbales, souvent empreintes de xénophobie et dirigées à l’encontre de l’Algérie, révèlent une hostilité latente qui semble trouver un écho dans l’indifférence des institutions officielles de l’Hexagone. Ces dernières semaines, plusieurs ministres français ont multiplié les propos agressifs, teintés de ressentiment envers l’Algérie et son peuple. Cette rhétorique, qui ressuscite des relents coloniaux, semble être tolérée voire encouragée par un système politique préférant l’immobilisme à une condamnation claire. Ces déclarations rappellent étrangement l’époque sombre de la colonisation, lorsque les voix dissidentes algériennes étaient étouffées sous prétexte d’ordre et de civilisation.

La dignité algérienne comme réponse

Face à ces provocations, les Autorités algériennes ont fait preuve d’un sang-froid exemplaire, réaffirmant leur posture de dignité et de respect mutuel dans les relations internationales. Cette attitude contraste fortement avec l’agressivité de certains cercles politiques français. Elle est le reflet de la maturité politique d’un pays qui, après des décennies de lutte pour son indépendance, refuse de se laisser entraîner dans une surenchère verbale. Les citoyens algériens, fiers de leur souveraineté, rejettent avec fermeté ces tentatives d’atteinte à leur dignité nationale. L’Algérie s’est libérée d’un joug colonial inhumain grâce à une lutte politique et armée acharnée. Aujourd’hui, elle ne tolère aucune régression vers ces pratiques du passé. Les nostalgiques d’une époque révolue, qu’ils soient à la droite républicaine ou à l’extrême droite, doivent comprendre que l’histoire ne se répète pas. Le 19 mars 1962, date de la signature des accords d’Évian, a mis fin définitivement à cette période sombre. L’indifférence des Autorités françaises face à ces débordements pose également la question d’une France à deux vitesses: celle qui prône les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité, et celle qui ferme les yeux sur les dérives verbales de certains de ses représentants. Une condamnation explicite de ces discours haineux serait un acte fort, en cohérence avec les principes universels que la France prétend incarner. Pour rétablir un climat de confiance entre les deux pays, il est impératif que les discours haineux cessent et que les relations bilatérales se fondent sur le respect mutuel. L’Algérie, nation libre et souveraine, aspire à des relations équilibrées avec son ancien colonisateur, loin des discours revanchards et des tentatives de déstabilisation. Il est temps pour les Autorités françaises de sortir de leur silence et de rappeler à l’ordre ceux qui, sous couvert de liberté d’expression, attisent la haine et ravivent des blessures historiques. L’Algérie continuera de défendre avec dignité sa souveraineté et ses acquis, tout en appelant au dialogue et au respect. Comme le disait si bien Frantz Fanon, « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir. » L’Algérie, elle, ne trahira jamais la sienne.

Par Mohamed Tahar Aissani

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