Par Mohamed Tahar Aissani…/…
La scène politique israélienne a été secouée par la démission du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et de deux autres ministres de son parti d’extrême droite. Ce geste fait suite à leur opposition à l’accord de cessez-le-feu conclu entre le gouvernement israélien et le Hamas. Cette décision met en lumière des fractures profondes au sein du gouvernement israélien dirigé par Benjamin Netanyahou. Lors d’une conférence de presse, Ben Gvir a qualifié l’accord de « mauvais » et a critiqué les concessions faites, notamment la libération de centaines de prisonniers palestiniens qu’il a décrits comme des « terroristes ». Selon lui, cet accord efface les acquis des opérations militaires en cours. Les termes de l’accord incluent également le retrait de l’armée israélienne de certaines zones sensibles, comme le secteur de Philadelphie, ainsi qu’une suspension des combats dans le nord de Gaza.
Un gouvernement divisé face à la stratégie militaire
Cette annonce intervient dans un contexte de manifestations à Jérusalem, où des Israéliens opposés à cet accord ont exprimé leur colère. Ben Gvir a exhorté le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, à rejoindre son mouvement de démission, appelant à une reprise des hostilités avec une intensité accrue. Ce positionnement reflète une aile politique dure qui rejette tout compromis avec le Hamas, perçu comme une menace à la sécurité nationale. Malgré ces divisions internes, l’accord de cessez-le-feu est entré en vigueur dimanche, bien que son application ait été retardée en raison de problèmes logistiques liés à la libération de trois otages par le Hamas. Cependant, la violence n’a pas totalement cessé. Des frappes israéliennes ont causé la mort de huit Palestiniens à Khan Younès, dans le sud de Gaza, ajoutant une nouvelle page tragique à un conflit qui dure depuis plus de 14 mois.
Un conflit aux coûts élevés pour Israël
Depuis le 7 octobre 2023, Israël a subi des pertes économiques, humaines et militaires considérables. Les critiques internes de Ben Gvir soulignent une frustration croissante chez certains dirigeants israéliens face à l’échec d’atteindre des objectifs militaires décisifs. Pour eux, l’accord avec le Hamas est perçu comme une capitulation plutôt qu’une solution viable. Sur la scène internationale, cet accord a suscité des réactions partagées. Certains gouvernements ont salué cette tentative de mettre fin aux hostilités, y voyant une opportunité pour une désescalade durable. D’autres, cependant, restent sceptiques quant à sa mise en œuvre, compte tenu des tensions persistantes et des divisions au sein du leadership israélien. La démission d’Itamar Ben Gvir met en évidence les fractures politiques internes en Israël face à la gestion du conflit avec Ghaza. Alors que l’accord de cessez-le-feu est vu par certains comme une nécessité pragmatique, d’autres y voient une menace pour la sécurité nationale. La durabilité de cet accord et l’avenir politique d’Israël dépendront de la capacité des dirigeants à surmonter ces divisions et à présenter un front uni pour faire face aux défis à venir.
