Le Président algérien Abdelmadjid Tebboune a décidé de ne pas assister personnellement au sommet arabe d’urgence prévu en Égypte. Ce choix, loin d’être anodin, reflète une position souveraine et cohérente avec la politique étrangère algérienne, qui privilégie la concertation et le respect des principes d’unité dans le monde arabe.
Selon des sources officielles, cette décision repose sur des « dysfonctionnements et lacunes » dans la préparation de la conférence. Alger critique une démarche menée par un cercle restreint de pays arabes, qui ont monopolisé la préparation des résolutions sans consultation large des autres États concernés. L’Algérie, fidèle à son engagement historique en faveur de la Palestine, estime que la cause palestinienne ne peut être gérée de manière sélective ni servir d’instrument à des stratégies diplomatiques cloisonnées. Elle appelle à une approche collective et inclusive pour faire face aux défis majeurs qui menacent la souveraineté palestinienne.
Une affirmation de souveraineté et de cohérence diplomatique
Le refus du Président Tebboune de participer personnellement ne signifie pas un désengagement. Il a chargé son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, de représenter l’Algérie aux discussions. Ce geste traduit une volonté de maintenir une présence diplomatique tout en affichant un désaccord sur la manière dont ce sommet a été préparé. Dans un contexte où la Palestine traverse une période critique, l’Algérie continue de porter sa voix au Conseil de sécurité de l’ONU, défendant avec constance le droit des Palestiniens et dénonçant les tentatives de marginalisation de cette cause au sein des instances internationales. Cette prise de position s’inscrit dans une dynamique plus large où Alger affirme son indépendance stratégique face aux tensions et jeux d’influence dans le monde arabe. L’Algérie se veut un acteur clé du multilatéralisme équilibré et refuse les décisions unilatérales qui compromettent la cohésion régionale. En refusant de cautionner un processus jugé exclusif et biaisé, l’Algérie envoie un message clair : la cause palestinienne ne peut être accaparée par quelques États au détriment des principes de concertation et de solidarité collective. À travers cette décision, le Président Tebboune confirme que l’Algérie reste fidèle à sa vision diplomatique, fondée sur la souveraineté, la cohérence et le respect des principes de concertation. En période de fortes turbulences régionales, Alger rappelle que l’unité arabe ne peut être construite sur des approches fragmentées, et que la défense de la Palestine doit rester une priorité commune, portée par l’ensemble du monde arabe.
Par Mohamed Tahar Aissani
