En refusant d’assister personnellement au sommet qualifié d’urgence de la ligue arabe auquel participeront les chefs d’Etats arabes le président Tebboune ne veut pas délivrer un chèque en blanc à ce qui se dessinera au cours de ce sommet où la question de la survie de la Palestine sera au centre des débats.
Avisé que quelque chose se trame durant cette réunion qualifiée d’urgence qui se tiendra au Caire, le président algérien pourtant invité délèguera à sa place Ahmed Attaf ministre des affaires étrangères. Ce sommet de l’urgence traitera du futur de la Palestine. Un avenir des plus incertains concernant la solution à deux Etats qui s’éloigne de plus en plus. On parle à présent d’un mandat délivré aux Etats arabes les plus influents dans la région, à savoir, l’Egypte, la Jordanie et l’Arabie Saoudite pour trouver une solution d’abord à Ghaza que Donald Trump a envie de s’en emparer et évacuer les deux millions de palestiniens qui y vivent. Solution bien évidemment irréaliste car elle s’assimile à une déportation pure et simple et cela est considéré comme un crime contre l’humanité. Bien sur le président américain n’a fait, comme il a l’habitude de le faire que jeter un ballon sonde pour voir comment les Arabes réagiraient. Cela a apparemment fonctionné puisque l’Arabie Saoudite dont le prince régnant est en excellents termes avec Donald Trump et J. Vance son vice président, s’est proposée pour prendre le dossier de Ghaza en charge. Elle est accompagnée dans sa démarche par tous les pays qui entretiennent des relations diplomatiques avec Israël, à savoir l’Egypte et la Jordanie. Les signataires des accords dits d’Abraham n’ont pas le poids suffisant ni l’envergure pour peser dans les discussions. Ce ne sont que des potiches qui suivent ce que leur dicte le maitre de Riadh. Il est question de court-circuiter le Hamas et tous les mouvements qualifiés de terroristes par Israël et les Etats –Unis et mettre à contribution une coalition arabe dont le leader est l’Arabie saoudite pour diriger l’enclave de Ghaza à la place des palestiniens puisque l’autorité palestinienne n’est pas en mesure de le faire même en Cisjordanie occupée. Reste le grand problème de la fondation d’un Etat palestinien aux cotés de l’Etat juif. L’occupation effrénée des terres palestiniennes en Cisjordanie par des colons juifs encouragée par Benyamin Netanyahu , son cabinet ultra sioniste et les Etats Unis de Trump et de Marc Rubio dont on connait l’orientation sioniste sera difficile à aborder même par l’Arabie Saoudite à moins d’un compromis qui se fera nécessairement au détriment des palestiniens de Cisjordanie qui rêvent d’un Etat dont ils ne verront pas le jour aussi rapidement qu’ils ne le pensent . Là aussi se dessine un statu quo qui maintiendrait une autonomie des territoires palestiniens dessinés par les accords d’Oslo et un arrêt des colonisations des terres appartenant à ces territoires. Dans tous les cas de figure l’Arabie Saoudite jouera dorénavant un rôle majeur dans la région car elle aura vraisemblablement le soutien de Washington. Israël dont l’ambition est d’annexer purement et simplement la Cisjordanie ne verra sans doute pas d’un bon œil une mandature saoudienne sur ce territoire réclamé à cor et à cris par les juifs radicaux. Cette géopolitique qui se dessine progressivement dans cette région du Moyen –Orient on commencera à en parler au cours de ce sommet arabe qualifié d’urgence auquel ne participera pas le président Tebboune pour les raisons que l’on sait et qui ont toujours été affichées par l’Algérie depuis des décennies.
