En l’absence des présidents Tebboune et Kais Saied s’est tenu, hier , dans la capitale égyptienne un sommet arabe qualifié urgent consacré à l’avenir de la bande de Ghaza . Une proposition égyptienne dite de sortie de crise a été étudiée par les participants à cette réunion expresse. Cette proposition se veut une réponse à celle faite par le président américain qualifiée comme étant la pire de toutes.
Le plan égyptien consacré à Ghaza :
Il globalise trois phases. La première aurait une durée de six mois. Elle sera consacrée à mettre à l’abri les presque deux millions de ghazaouis qui n’ont plus de toit. La proposition prévoit de délimiter dans l’enclave du nord au sud de celle-ci trois zones réservées à abriter la population de l’enclave. Une fois géo localisées ces zones seront équipées de camps de toiles pour servir d’habitations sous formes de tentes résistantes aux intempéries et à la chaleur et de construction mobiles qui serviront d’infrastructures pour les soins sanitaires et les services citoyens . Des groupes électrogènes alimenteront en permanence les structures hospitalières mobiles et les hangars frigorifiés servant au stockage des aliments de base. L’approvisionnement en eau continuera d’être assuré par des camions citernes provenant de l’Egypte.
La seconde phase quant à elle sera consacrée exclusivement à la reconstruction de toute l’enclave palestinienne. La durée prévue a été fixée. Ce sera cinq ans. 57 milliards de dollars, selon les calculs établis par l’ONU. Le coût de cette reconstruction sera vraisemblablement le double voire le triple. Qui paiera la note ? La proposition suggère la tenue d’une conférence internationale de bailleurs de fonds. C’est faisable car la question palestinienne et la tragédie innommable vécue par les ghazaouis a ému l’écrasante majorité des nations de la terre mais il en faudra plus et tout porte à croire que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes Unis ne lésineront pas sur leur contribution.
La troisième phase
C’est la phase la plus problématique car elle sera consacrée à la résolution définitive de la question palestinienne. En un mot la solution à deux Etats, telle que préconisée par toutes les résolutions de l’ONU mais toujours soumises au véto américain. Le plan égyptien propose d’abord de parler de la gouvernance de l’enclave de Ghaza qui deviendra une sorte de laboratoire politique d’une gouvernance jusqu’ici exercée exclusivement par le Hamas. Pour l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis il est hors de question que cette organisation palestinienne proche des Frères musulmans soit associée à une autorité gouvernante de la bande de Ghaza. Pour les Egyptiens et leurs alliés politiques le Hamas et tous les groupuscules armés étant hostiles à toute solution consacrant l’existence d’un Etat palestinien coexistant pacifiquement à coté de l’Etat hébreu ne sont plus considérés comme des interlocuteurs viables car rares sont les Etats qui reconnaissent toute légitimité politique à ces organisations islamistes. Selon les égyptiens pour que les Etats–Unis accordent une oreille attentive à toute solution proposée par le monde arabe et qu’ils fassent éventuellement pression sur Israël pour s’asseoir à la table de négociation l’équation Hamas doit absolument disparaitre.
Qui en dehors du Hamas serait capable de diriger l’enclave palestinienne ?
Selon le plan égyptien il y aurait deux propositions. La première consisterait à former un gouvernement de transition formé de palestiniens modérés, beaucoup plus technocrates que politiques car il s’agit avant tout de faire vivre une population durement éprouvée par ces quinze mois de bombardements intensifs et de siège entrainant la perte de plus de quarante huit mille morts, une centaine de milliers de blessés, sans parler de la famine et des maladies épidémiologiques . Faut –il ajouter les symptômes post traumatiques qui touchent adultes et enfants. L’équipe qui dirigera cette enclave meurtrie devra mettre de coté tout ressentiment et désir de vengeance et se consacrer exclusivement aux taches de survie et d’aménagement du calme indispensable à cette résurrection progressive du peuple ghazaoui. La seconde proposition consisterait à assurer le maintien de l’ordre et la consolidation d’un cessez le feu permanent. Le plan égyptien parle d’une force de maintien de la paix et de sécurité inter arabe qui en serait garante. Seulement voila le Hamas fait déjà entendre sa voix et rejette toute solution qui exclurait sa présence à toute discussion sur l’avenir de Ghaza. Ce qui se décidera au cours de ce sommet n’est que le début d’un très long débat sur l’avenir de la Palestine. Pour le moment c’est Ghaza qui est et reste sous les feux de l’actualité.
