Alors que les divergences sur la gestion des tensions avec Alger persistent au plus haut niveau de l’État français, une proposition visant à renforcer les relations entre la France et l’Algérie a récemment été mise en avant à l’Assemblée nationale, soulignant une volonté de dépasser les frictions diplomatiques existantes.
En effet, jeudi dernier, un groupe d’amitié France-Algérie a été constitué à l’Assemblée nationale française, sous la présidence du député socialiste Laurent Lhardit, représentant la 2e circonscription de Marseille. Ce groupe, composé d’une quarantaine de membres issus de divers groupes politiques, inclut des personnalités telles que Sébastien Délogu, député de La France Insoumise, connu pour son engagement en faveur des droits des Palestiniens. La vice-présidence a été attribuée à Sabrina Sebaïhi, députée d’origine algérienne. Laurent Lhardit a exprimé, dans des déclarations rapportées par « La Provence », la volonté de ne pas laisser les relations entre la France et l’Algérie être réduites à des enjeux de politique intérieure, rappelant que des sujets de tension tels que le cas de l’écrivain Boualem Sansal ou les Obligations de quitter le territoire français (OQTF) ne devraient pas définir ces relations. Il a souligné l’importance de maintenir un dialogue respectueux et constructif, loin des débats internes qui opposent le Premier ministre François Bayrou, Bruno Retailleau et le Rassemblement National. Le groupe d’amitié, bien qu’il ne cherche pas à se mêler des affaires diplomatiques officielles, a pour ambition de renforcer les liens bilatéraux entre les deux nations. Laurent Lhardit a d’ailleurs rappelé l’histoire partagée entre la France et l’Algérie, notamment en raison de la large communauté algérienne en France, dont près de 300.000 personnes vivent à Marseille, pour souligner l’importance d’une relation apaisée, essentielle dans le contexte actuel des alliances internationales.En termes d’actions concrètes, le groupe d’amitié a déjà pris des initiatives, telles que solliciter une audition de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet. Ces efforts interviennent dans un contexte où les tensions diplomatiques entre les deux pays sont exacerbées, notamment à cause des positions divergentes au sein du gouvernement français sur la manière de gérer les relations avec Alger. Tandis que certains, comme Bayrou et Retailleau, prônent une approche plus conflictualiste, Emmanuel Macron, de son côté, a pris publiquement ses distances avec ces positions, soulignant que la gestion de ce dossier relève de son autorité exclusive. Au-delà de ces débats internes, plusieurs voix, comme celles de Ségolène Royal, Dominique de Villepin ou Gérard Araud, se sont élevées pour appeler au dialogue et à la réconciliation, loin des logiques de bras de fer. Dans cette situation, l’Algérie cherche avant tout à être respectée en tant qu’État souverain, tandis que des voix modérées en France œuvrent pour ramener la diplomatie au cœur des relations franco-algériennes, loin de la montée en puissance de l’Algérie Bashing propulsée par l’extrème droite et ses portes-voix.
Par Kheireddine Boukhalfa
