L’Algérie et les États-Unis franchissent une nouvelle étape dans leur partenariat stratégique. Les deux nations s’apprêtent à intensifier leur coopération en matière de défense et de sécurité en mettant en place des groupes de travail bilatéraux.
Cette initiative vise à concrétiser les engagements du mémorandum d’entente signé en janvier dernier, lors de la visite historique à Alger du général d’armée Michael Langley, commandant du Commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom). En effet, c’est ce qu’a indiqué, M.Sabri Boukadoum, l’ambassadeur d’Algérie à Washington, récemment à des journalistes, comme rapporté par le site américain spécialisé Defense Scoop. Le diplomate a notamment abordé les ambitions de son pays en matière de relations économiques et sécuritaires avec les États-Unis pendant le second mandat de Donald Trump, ainsi que les perspectives créées par les nouvelles opportunités de coopération dans les technologies de défense. Selon lui, l’Algérie entretient un dialogue militaire depuis plusieurs années avec les États-Unis. Il a précisé que le protocole d’accord signé entre les deux nations avait établi un cadre juridique pour cette coopération et qu’il ouvrait la voie à de futures collaborations. Bien que le site spécialisé souligne que les échanges de renseignements maritimes et les nouvelles ventes d’équipements militaires devraient être les priorités des deux pays, Boukadoum a également mentionné d’autres domaines d’intérêt. Il a cité les opérations de recherche et de sauvetage ainsi que les efforts pour lutter contre le terrorisme, particulièrement dans et autour du Sahel. Il a souligné que la coopération militaire entre l’Algérie et les États-Unis pourrait se développer considérablement, avec des perspectives sans limite à cet égard. L’ambassadeur a omis de discuter des détails sur les ventes militaires potentielles à venir, mais a confirmé que des représentants des deux nations travaillent actuellement sur la création de trois nouveaux groupes de travail afin de mettre en œuvre le protocole d’entente et d’établir les prochaines étapes à suivre. Cette initiative survient dans un contexte où la présence physique des États-Unis sur le continent africain a diminué. Pour l’Algérie, cette situation représente un atout. Selon Boukadoum, « L’avantage des Algériens pour les États-Unis est que nous avons le facteur humain », car l’Algérie est bien implantée en Afrique du Nord. Il a ajouté que, malgré l’importance de technologies comme l’écoute clandestine et les satellites, ces dispositifs ne suffisent pas. « Il faut connaître les gens, les tribus et toutes les interactions entre eux. Il faut avoir l’information humaine », a-t-il expliqué. Même si le protocole d’entente a été principalement initié sous l’administration Biden, Boukadoum s’est dit confiant que les relations entre l’Algérie et les États-Unis resteraient solides sous la présidence de Trump. « Nous n’avons pas de préférences, nous travaillons avec chaque administration », a-t-il précisé. Il a également exprimé l’espoir que l’administration Trump comprenne les avantages de collaborer avec l’Algérie, soulignant que le président Trump lui-même avait exprimé son soutien aux accords. Dans ce même contexte de coopération, l’ambassadrice des États-Unis à Alger, Elizabeth Moore Aubin, a récemment rencontré Thomas E. Lerston, sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères pour la Croissance économique, l’Énergie et l’Environnement. Ensemble, ils ont discuté de l’expansion des opportunités économiques entre les deux pays, soulignant l’importance de cette période pour les affaires en Algérie et la hausse des investissements des entreprises américaines dans divers secteurs du pays.
par Kheireddine Boukhalfa
