Une fausse médecin interpellée :Un fléau qui interpelle la profession et la justice

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La gendarmerie nationale de Birkhadem a mis fin aux agissements d’une femme de 38 ans qui exerçait illégalement la médecine. Interpellée en flagrant délit, la fausse praticienne consultait des patients à domicile et leur prescrivait des ordonnances frauduleuses, contre rétribution. Une somme de 87 millions de centimes, provenant de cette activité illicite, a été saisie lors de la perquisition de son domicile.

L’exercice illégal de la médecine constitue une infraction lourde de conséquences, aussi bien pour la personne qui le pratique que pour les patients qu’elle met en danger. Selon le Code de déontologie médicale en vigueur, toute personne souhaitant exercer la médecine doit être titulaire d’un diplôme reconnu par les autorités compétentes et inscrite au tableau de l’Ordre des médecins. L’Article 5 du Code stipule que « le médecin, chirurgien dentiste et pharmacien, lors de son inscription au tableau, doit affirmer devant la section ordinale régionale compétente qu’il a eu connaissance des présentes règles de déontologie et s’engager par écrit à les respecter ». Ne pas se conformer à ces exigences expose à des sanctions pénales. Selon le communiqué de la gendarmerie nationale, l’interpellation de la suspecte a fait suite à plusieurs plaintes pour escroquerie. Les enquêteurs, en utilisant des moyens technologiques avancés, ont pu retracer ses déplacements et confirmer qu’elle exerçait sous une fausse identité médicale. Elle se présentait comme généraliste et proposait des consultations à domicile, usant de faux cachets et de prescriptions falsifiées. Lors de la perquisition de son domicile, des médicaments, des matériels médicaux ainsi que des documents portant des en-têtes d’hôpitaux ont été retrouvés.

Des précédents qui inquiètent

Ce n’est pas un cas isolé. En décembre dernier, une fausse dentiste a été interpellée à Alger, alors qu’elle réalisait des actes de soins dentaires sans aucune formation ni autorisation. Près de 300 millions de centimes avaient été saisis lors de cette opération. Ces affaires révèlent un problème profond : l’insuffisance de contrôles systématiques et la vulnérabilité des patients face à des praticiens frauduleux. Les autorités sanitaires appellent à une vigilance accrue. L’Ordre des médecins rappelle qu’avant toute consultation, les patients peuvent vérifier l’authenticité d’un praticien en consultant le tableau de l’Ordre. En cas de doute, il est recommandé de signaler toute suspicion d’exercice illégal aux instances compétentes. L’affaire de cette fausse médecin sera présentée devant la justice une fois l’instruction complétée. Elle risque de lourdes sanctions, notamment pour exercice illégal de la médecine, escroquerie et usurpation de titre, des infractions passibles de plusieurs années de prison et d’amendes considérables. L’exercice de la médecine est un engagement rigoureux, régi par des règles strictes visant à protéger la santé publique. Toute dérogation à ces principes expose à des sanctions sévères, rappelant ainsi la nécessité impérieuse de faire appel à des professionnels qualifiés et reconnus par les instances officielles

Par Mohamed Tahar Aissani

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