Une dynamique stratégique qui redéfinit la carte énergétique mondiale L’Algérie et l’Égypte en tête de la course aux investissements gaziers en Afrique, vers un trillion de dollars

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L’Afrique connaît une accélération significative des investissements dans l’exploration gazière, portée par une demande mondiale croissante en énergie. L’Algérie et l’Égypte se positionnent en leaders de cette expansion grâce à leur emplacement géographique stratégique et à des infrastructures développées, à l’image du projet du gazoduc transsaharien.

Cette initiative clé permet de canaliser le gaz africain vers l’Europe et l’Asie, renforçant ainsi le rôle du continent dans l’approvisionnement énergétique mondial.Selon des estimations récentes publiées par la plateforme spécialisée Energy Platform, l’Afrique a exporté environ 39 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) en 2024. Ce chiffre pourrait être multiplié par trois et demi d’ici 2040, consolidant la position du continent en tant que fournisseur énergétique majeur. Les projections indiquent que les investissements dans l’exploration gazière en Afrique pourraient atteindre 934 milliards de dollars d’ici 2050, avec une augmentation des exportations africaines vers les marchés mondiaux à hauteur de 502 milliards de mètres cubes. Les principales zones concernées par ces investissements sont l’Afrique du Nord, de l’Ouest et de l’Est, qui concentrent 8 % du total des fonds injectés, avec des acteurs majeurs comme l’Algérie, l’Égypte, le Mozambique et le Nigeria. Dans un contexte de tensions géopolitiques et de reconfiguration des flux énergétiques, le gaz africain s’impose comme une alternative de choix pour l’Europe, qui cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement en raison du déclin des importations russes. Le continent attire des investissements conséquents, stimulés par l’abondance des réserves, des conditions géologiques favorables et des infrastructures de transport modernes. Les cinq principaux exportateurs africains de GNL en 2024 : Nigeria : 14,63 millions de tonnes, Algérie : 11,62 millions de tonnes, Angola : 3,75 millions de tonnes, Mozambique : 3,45 millions de tonnes, Guinée équatoriale : 3,08 millions de tonnes

Un trésor énergétique sous-exploité

Le continent africain recèle plus de 620 trillions de pieds cubes de gaz naturel, soit 8,5 % des réserves mondiales. Les principaux détenteurs de ces réserves sont :Le Nigeria, premier producteur africain, avec 206 trillions de pieds cubes de réserves prouvées, en faisant un fournisseur incontournable pour les marchés européens. L’Algérie, qui dispose de 4,50 trillions de mètres cubes, figurant parmi les dix premiers producteurs mondiaux. Le Mozambique, avec 2,84 trillions de mètres cubes, un atout pour le marché du GNL. L’Égypte, qui se positionne comme un hub gazier régional avec 2,21 trillions de mètres cubes. Les dépenses consacrées aux projets pétroliers et gaziers en Afrique devraient atteindre 43 milliards de dollars en 2025, avec un pic attendu à 54 milliards de dollars en 2030. L’Afrique de l’Ouest, notamment le Nigeria et l’Angola, devrait mener cette vague d’investissement, tandis que l’Afrique du Nord, dominé par l’Algérie, captera environ 35 % des dépenses en capital. Bien que les investissements dans le gaz naturel s’accélèrent, le secteur pétrolier continue de capter la plus grande part des investissements en Afrique (60 % d’ici 2030). Toutefois, la part du gaz dans ces dépenses devrait progresser de 30 % en 2023 à plus de 40 % d’ici la fin de la décennie.Les entreprises internationales concentrent leurs efforts sur le développement de nouveaux projets de GNL en Afrique de l’Ouest et en Namibie, où d’importantes réserves ont récemment été découvertes. Cette expansion confirme l’intégration croissante du continent dans l’échiquier énergétique mondial, avec des perspectives économiques prometteuses pour les pays producteurs.

Par Mohamed Tahar Aissani

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