Commerce Extérieur :L’Algérie passe d’un déficit à un excédent de 12.1 milliards de dollars

0
80

Après plusieurs années de déficits commerciaux, l’Algérie semble avoir trouvé un nouveau souffle économique. Le dernier bilan de l’Office national des statistiques (ONS) révèle une transformation significative de la balance commerciale du pays, qui est passée d’une situation déficitaire à un excédent remarquable, notamment depuis 2021.

Cette embellie économique se traduit par des chiffres éloquents : d’un premier solde positif de 294 milliards de dinars algériens en 2021, le pays est parvenu à générer un excédent de 1638 milliards DA, soit l’équivalent de 12,1 milliards de dollars en 2023. En effet, entre les deux périodes de comparaison, les importations totales de marchandises en valeur ont augmenté, passant de 5403 milliards DA en 2018 à 5793 milliards DA en 2023, tandis que le montant des exportations a progressé de 4889 milliards DA à 7432 milliards DA. Selon le même bilan, le taux de couverture des importations par les exportations a connu une amélioration, passant de 90,5 % en 2018 à 166,2 % en 2022, avant de légèrement baisser à 128,3 % en 2023. Concernant la structure des importations par groupe d’utilisation, le rapport de l’ONS révèle qu’entre 2018 et 2023, la part des « aliments, boissons et tabac » est passée de 18,5 % à 24,4 %, celle des matières premières de 3,6 % à 6,8 %, les demi-produits sont restés relativement stables, passant de 23,7 % à 23,8 %, tandis que la part des équipements industriels a diminué de 29,1 % à 26 %, et celle des biens de consommation est tombée de 21,1 % à 14 %. En ce qui concerne les régions économiques, l’Union européenne (UE) est restée le principal fournisseur de l’Algérie, mais sa part dans la structure des importations a baissé de 45,5 % à 34 % entre 2018 et 2023. L’Asie, qui occupe la deuxième position, a vu sa part augmenter, passant de 25,8 % à 26,8 % durant la même période. Pour les pays fournisseurs, la Chine reste en tête, avec une part globale en hausse de 17 % en 2018 à 19,9 % en 2023, tandis que la France a vu sa part diminuer de 10,4 % à 7,4 % entre les deux périodes de comparaison. En ce qui concerne les exportations algériennes, la structure montre une prédominance continue du groupe énergie et lubrifiants, dont la part est passée de 93 % à 90 % entre 2018 et 2023, tandis que les demi-produits ont vu leur part augmenter, passant de 5,6 % à 8,5 %. En dehors des hydrocarbures, les principaux produits exportés par l’Algérie en 2023 incluent les engrais minéraux ou chimiques azotés, les ciments non pulvérisés (clinker), les solvants naphta, les barres en fer et en acier, l’ammoniac anhydre, les demi-produits en fer ou en acier non alliés, le sucre de canne, les phosphates de calcium naturels, les hydrogènes et les dattes. En termes de principaux clients, l’Italie, la France et l’Espagne occupent les premières places avec des parts respectives de 28,2 %, 13 % et 9 % dans la structure globale des exportations en 2023. Cette année a été marquée par « une évolution contrastée » du commerce extérieur, selon l’analyse de l’Office national des statistiques, qui note que « les exportations, dominées par les hydrocarbures, ont diminué de 15,6 %, tandis que les importations ont augmenté de 9,3 % ». Malgré ces tendances défavorables, l’Algérie a enregistré un excédent commercial de 12,1 milliards de dollars, bien que le taux de couverture des importations par les exportations ait diminué, passant de 166,2 % à 128,3 % entre 2022 et 2023. De plus, l’ONS indique que « les hydrocarbures continuent de dominer les exportations algériennes, représentant 90 % du total en 2023, soit 49,3 milliards de dollars », contre 5,4 milliards de dollars pour les exportations hors hydrocarbures, en baisse de 18,2 % par rapport à 2022. L’Office souligne également que « l’Union européenne reste un partenaire commercial clé pour l’Algérie », avec 34 % des importations et 64,5 % des exportations algériennes, tandis que l’Afrique demeure un partenaire marginal, représentant seulement 1,1 % des exportations et 0,5 % des importations du pays.

Par Kheireddine Boukhalfa

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici