Selon les prévisions établies par l’Association Sirius d’Astronomie, basées sur des calculs astronomiques rigoureux, l’observation du croissant lunaire marquant la fin du mois de Ramadan sera impossible le samedi 29 mars. Par conséquent, le mois sacré comptera 30 jours, et la fête de l’Aïd el-Fitr sera célébrée le lundi 31 mars 2025.
Les données scientifiques indiquent que la conjonction (nouvelle lune) se produira le samedi 29 mars à 11h57 (heure locale), soit bien avant le coucher du soleil. Toutefois, la lune ne sera ni assez élevée ni suffisamment éloignée du soleil pour être visible ce soir-là, que ce soit à l’œil nu ou à l’aide d’un télescope. Un autre phénomène astronomique vient renforcer cette impossibilité : une éclipse solaire partielle prévue dans la matinée du même jour. Celle-ci traduit une très faible séparation angulaire entre le soleil et la lune, rendant l’observation du croissant totalement irréalisable. Le célèbre critère de Danjon, souvent utilisé dans le monde scientifique pour valider la possibilité d’observation du croissant, exige une séparation minimale de 7 degrés entre le soleil et la lune. Or, cette condition ne sera pas remplie, selon l’Association Sirius, ce qui confirme l’impossibilité d’apercevoir le croissant lunaire dans les régions arabes et en Afrique du Nord.
Entre vision religieuse et données scientifiques
Bien que les calculs soient sans appel, certaines régions pourraient néanmoins annoncer la fête un jour plus tôt, le dimanche 30 mars, sur la base d’une prétendue observation visuelle du croissant. Ce scénario, déjà observé dans le passé, peut résulter d’erreurs d’estimation ou de conditions atmosphériques trompeuses. Des pays comme la Turquie, certains États des Balkans, ainsi que plusieurs communautés musulmanes en Europe et en Amérique du Nord, s’appuient exclusivement sur les calculs astronomiques. Certains pourraient ainsi proclamer l’Aïd dès le dimanche. Le monde musulman étant loin d’être homogène dans sa méthode de détermination des fêtes religieuses, une annonce de l’Arabie Saoudite, influente dans ce domaine, pourrait pousser plusieurs pays à lui emboîter le pas, malgré l’impossibilité scientifique de voir le croissant. L’Algérie pourrait ainsi se retrouver, comme chaque année, face à un dilemme : suivre l’avis des astronomes nationaux ou se conformer à une annonce religieuse étrangère, au risque d’alimenter le débat entre tradition d’observation et certitude scientifique.
Par Mohamed Tahar Aissani
