Par Kheireddine Boukhalfa—/—
Le Conseil du Renouveau Économique Algérien (CREA), présidé par Kamel Moula, a annoncé la tenue imminente d’un second grand rendez-vous entre le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et les opérateurs économiques du pays.
Ce nouveau dialogue de haut niveau, organisé sous l’égide du CREA, s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la confiance entre les autorités et les acteurs du monde économique, considérés comme des partenaires à part entière dans le processus de relance nationale. En effet, dans une publication sur sa page officielle, Kamel Moula a souligné l’importance de cet événement, qu’il qualifie de « preuve claire que le président de la République perçoit les entrepreneurs comme une force motrice pour le développement du pays ». Il a également rappelé que cette rencontre s’inscrit dans la continuité de celle organisée en 2023, laquelle avait débouché sur des décisions concrètes et des réformes structurelles majeures. Cette initiative survient à un moment charnière pour l’économie algérienne, marquée par des mutations profondes menées sous l’impulsion du président Tebboune. L’objectif : rompre avec la dépendance aux hydrocarbures et construire un modèle économique diversifié et durable. L’un des axes prioritaires de cette relance reste la promotion des exportations hors hydrocarbures. À ce titre, l’Algérie enregistre déjà des avancées notables. Les exportations de dattes atteignent aujourd’hui plus de 120 pays, le ciment algérien s’impose en Afrique de l’Ouest, tandis que l’entreprise GICA se distingue par ses performances à l’international dans l’export du clinker. Par ailleurs, plusieurs produits agroalimentaires algériens, comme la célèbre chocolaterie « Mordjane » ou encore les fruits et légumes exportés vers le Golfe, suscitent un engouement croissant.
Vers une industrie nationale compétitive
L’effort de diversification passe également par un soutien renforcé à la production locale, notamment dans les filières stratégiques telles que l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique et la fabrication de pièces détachées. Certaines entreprises nationales ont réussi à intégrer des technologies de pointe pour la production de composants destinés aux secteurs automobile et agricole, contribuant ainsi à réduire les importations et à générer des milliers d’emplois. La relance de l’industrie automobile illustre parfaitement cette dynamique, avec la reprise de la production du modèle « Fiat Doblo » et l’annonce de projets industriels portés par des constructeurs chinois et coréens. Ces initiatives devraient également permettre de structurer un véritable réseau de sous-traitance locale. Autre pilier de la réforme : la modernisation du système bancaire. Le gouvernement prévoit l’ouverture du capital de certaines banques publiques et le développement de services bancaires numériques afin de faciliter le financement et stimuler l’investissement. L’expansion des banques algériennes à l’étranger, notamment en Afrique, est également en cours pour accompagner les exportateurs nationaux.
L’économie numérique et l’IA, leviers d’avenir
L’Algérie a par ailleurs entamé une vaste opération de numérisation de ses services publics, à commencer par les douanes, les impôts et la gestion du foncier industriel. Cette démarche vise à réduire la bureaucratie, renforcer la transparence et améliorer le climat des affaires. Dans le même élan, le pays s’ouvre progressivement aux technologies d’intelligence artificielle, gage d’innovation et de compétitivité. Contrairement à la période passée où les investissements étrangers se limitaient souvent à de simples représentations commerciales, l’Algérie aspire désormais à attirer des partenaires capables d’apporter un réel transfert de savoir-faire et de technologie. Les récentes annonces de l’Agence Algérienne de Promotion de l’Investissement (AAPI) vont dans ce sens, avec la signature d’accords stratégiques prometteurs. Ce second rendez-vous entre le président Tebboune et les opérateurs économiques est donc très attendu par l’ensemble du tissu productif national. Il devrait déboucher sur la présentation de nouvelles orientations économiques, fondées sur les résultats concrets et une évaluation continue de la performance, dans le but de consolider une économie productive, innovante et résiliente.
