Belghit, le nouveau Sansal ?:
Un révisionnisme identitaire sous influence étrangère

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Par Kheireddine Boukhalfa—/—

C’est une affaire qui a suscité une onde de choc dans tout le pays. En l’espace de quelques heures, les propos incendiaires de Mohamed El Amine Belghit, autoproclamé historien, ont enflammé les réseaux sociaux, provoqué l’indignation générale, et déclenché une réaction judiciaire ultra-rapide, vu le caractère des propos tenus par le pseudo-historien.

En effet, dans une intervention diffusée depuis les Émirats arabes unis, Belghit s’est livré à un déni pur et simple de l’identité amazighe de l’Algérie, niant une composante essentielle et constitutionnelle de l’identité nationale. Une posture non seulement révisionniste, mais profondément attentatoire à l’unité de la nation. La Télévision nationale algérienne, dans un VTR au ton grave, n’a pas tardé à réagir. Elle dénonce une « escalade médiatique dangereuse » orchestrée depuis un « mini-État artificiel », en allusion directe aux Émirats arabes unis. Le média public va plus loin, évoquant une « usine à sédition » exploitant un « marchand d’idéologie sur le marché de l’histoire ». Le message est clair : ce n’est pas un simple écart individuel, mais un acte perçu comme planifié et instrumentalisé. Face à la gravité des propos et à leur large diffusion, la machine judiciaire s’est mise en branle. Le parquet du tribunal de Dar El Beïda a annoncé, ce samedi 3 mai, le placement en détention provisoire de Mohamed El Amine Belghit. Dans un communiqué, le procureur évoque des «violations des principes généraux régissant la société algérienne», ainsi qu’une «atteinte manifeste à l’unité nationale». Plusieurs chefs d’inculpation ont été retenus à l’encontre de Belghit: atteinte aux symboles de la nation et de la République, atteinte à l’intégrité de la nation, ainsi que diffusion de propos haineux et discriminatoires via les technologies de l’information. Une instruction judiciaire a été ouverte dans la foulée.

Une affaire loin d’être isolée

Ce n’est pas la première fois qu’une personnalité médiatique tente de brouiller les repères historiques et identitaires du pays. À l’image de Boualem Sansal, dont le discours a souvent suscité la controverse, Belghit semble s’inscrire dans une dynamique de provocation assumée, cherchant à attirer l’attention des médias internationaux au détriment de la cohésion nationale. Mais cette fois, la réaction des autorités algériennes est à la hauteur du choc provoqué. Dans un contexte régional marqué par des tensions géopolitiques et une surveillance accrue des ingérences étrangères, toute atteinte aux fondements identitaires est désormais perçue comme une menace stratégique. L’Algérie, pays de résistance et de diversité, riche d’un héritage millénaire où se croisent cultures amazighe, arabe, africaine et méditerranéenne, ne tolère aucune remise en cause de ses constantes. L’État l’a rappelé fermement: la mémoire des martyrs, le respect de la pluralité culturelle et l’intégrité nationale sont des lignes rouges. L’affaire Belghit pourrait bien marquer un tournant. D’une simple déclaration provocatrice, elle est devenue un cas d’école en matière de préservation de l’unité nationale face aux dérives idéologiques. Reste à savoir si cette tentative de déstabilisation, visiblement orchestrée depuis l’étranger, aura l’effet inverse de celui escompté: renforcer l’attachement des Algériens à leur identité plurielle et inaliénable

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