Cela fait plus d’une semaine que Bruno Rétaillau ne s’est pas manifesté à propos de l‘Algérie. A t-il épuisé tout son discours hostile envers ce pays ou attend –il une occasion pour taper encore plus fort sur cette Algérie qu’il déteste ainsi que ses émules, de plus en plus nombreux à manifester leur algérophobie, un autre terme qui s’ajoute à celui d’islamophobie.
Ce silence assourdissant à force du bruit caché qu’il renferme n’est pas de bonne augure, loin s’en faut! Il y a de l‘orage dans l’air dont on ne veut pas en parler. Certains disent que cette tension qui existe entre la France et l’Algérie depuis des mois tend à se banaliser, autrement dit on se contenterait d’un statu quo permanent sans faire de vague jusqu’à ce que le ressenti hostile à l’Algérie qui existe actuellement en France finisse par s’estomper. Pourtant tous les faits classés minimes mais qui ne le sont pas en réalité et qui visent ces derniers temps les Algériens en premier et les musulmans en second ne relèvent aucunement du hasard, loin s’en faut !; Il se trouve que les musulmans victimes d’agressions physiques, verbales ou même d’assassinat comme cela a été le cas de ce croyant tué à coups de couteau par un «illuminé» comme l’a présenté la procureure de la république chargée de l’affaire sont tous de nationalité algérienne. Ce n’est donc pas de la fiction quand on déclare qu’une partie de la France, particulièrement dans le sud est viscéralement anti algérienne. Des départements comme les Bouches du Rhône, le Var et le Gard enferment la plus grande proportion des descendants d’expatriés d’Algérie qui veulent venger le départ massif de leurs ailleux en 1962 en voulant faire payer aux résidents algériens venus s’installer dans leur région depuis des dizaines d’années et dont la plupart ont la nationalité française leur présence en France. Des propos verbaux ou des mails «Retourne en Algérie» sont de plus en plus fréquents. Certes ce genre de comportement haineux de ces populations post pieds noirs n’est pas nouveau. Il remonte à soixante trois ans plus tôt et il ne fait que se reproduire avec un maximum d’indécence. Avec la montée de l’extrême droite bien implantée dans le sud est et ouest de la France les Algériens au nombre de dizaines de milliers pour ceux qui bénéficient de titres de séjour et de centaines de milliers de franco –algériens sont aujourd’hui la cible privilégiée de Marine Le Pen, de son éventuel successeur, Jordan Bardella, du Maire de Nice, Christian Estosi, et bien sûr de ce pantin d’ Eric Cioti dont la haine contre l’Algérie et les Algériens est devenue obsessionnelle. Il faut à présent ajouter le ministre de l’intérieur dont les motivations politiques mais aussi sentimentales ne sont pas les mêmes mais qui se rejoignent néanmoins sur plusieurs points communs. Pour le moment Alger ne dit mot et joue le jeu du silence radio, ce qui ne veut pas dire pour autant que les autorités supérieures du pays et à leur tète le premier magistrat se contenteront d’un no man’s land diplomatique, tel qu’il existe présentement. El Mouradia attend toujours une réaction de l’Elysée, interrompue, suite à cette affaire de l’arrestation d’un fonctionnaire consulaire algériens, suivie de la réaction algérienne d’expulser 12 fonctionnaires travaillant à l’ambassade de France en Algérie, suivie de la réciprocité française et du rappel de Stéphane Romanet à Paris. Depuis lors à part quelques paroles se voulant apaisantes du porte parole de la présidence française qui ne veulent rien dire, ni Emmanuel Macron, ni Jean Noel Barrot ne se sont exprimés depuis . Même le sujet qui leur tient particulièrement à cœur , celui du maintien en détention de Boualem Sansal dont ils s’en gargarisaient jusqu’à friser l’indécence est passé sous silence . La diplomatie entre les deux pays observe une pause. Celle –ci risque d‘être longue mais on ne parle pour le moment ni de fracture ni de rupture. Mais ne dit –on pas « Qui n’avance pas, recule !»
