Depuis sa succession à Abdelaziz Bouteflika en 2019 à la présidence de la République, Abbdelmadjid Tebboune n’a cessé d’insuffler une nouvelles dynamique à la politique étrangère algérienne et celle de la ligue Arabe n’échappe pas à cette reconfiguration.
Sous la présidence de Abdelmadjid Tebboune l’Algérie est désormais perçue comme un poids lourds régional influent sur le monde arabe et sur la scène internationale qui cherche contrairement à un passé récent à affirmer une position plus visible ancrée dans ses principes historiques tout en s’adaptant aux réalités géopolitiques actuelles. L’Algérie a, ainsi manifesté un regain d’interêt pour les affaires de la ligue arabe après une période où son engagement semblait plus mesuré. Cette nouvelle approche se caractérise par :la promotion du consensus et de la non ingérence qui met l’accent sur la nécessité de préserver l’unité arabe et de résoudre les différends par le dialogue loin de toute ingérence étrangère. Cette position est particulièrement visible dans les crises régionales, où Alger prône des solutions inclusives et négociées comme en Lybie ou au Soudan. Pour l’Algérie de Tebboune la question palestinienne reste la boussole de la diplomatie algérienne. Le Président Abdelmadjid Tebboune n’a cessé de réaffirmer le soutien inconditionnel de l’Algérie à la création d’un Etat palestinien avec El Qods comme capitale et a souvent appelé la Ligue Arabe à adopter une position plus ferme et unie à ce dossier.
Reforme de la Ligue Arabe
La quête d’une réforme de la ligue arabe est inévitable. Alger estime que la Ligue Arabe doit se moderniser et s’adapter aux défis contemporains pour retrouver sa pertinence. Aami Tebboune a, à plusieurs reprises, souligné la nécessité d’une réforme structurelle et fonctionnelle de l’organisation pour la rendre plus efficace face aux crises régionales et internationales. Au-delà du politique Tebboune a mis l’accent sur l’importance de la coopération économique inter-arabe et de la sécurité alimentaire. Il a souvent appelé à une meilleure intégration économique pour renforcer la résilience des Etats membres face aux chocs extérieurs. Malgré cette volonté d’affirmation, la position de Tebboune est confrontée à plusieurs défis. La Ligue Arabe est structurellement marquée par des divergences d’intérêt et des alignements diplomatiques variés ce qui rend difficile l’adoption de positions communes et audacieuses. L’Algérie doit naviguer dans ce paysage complexe. L’émergence de nouvelles dynamiques régionales et l’influence croissantes de certains pays du Golfe redessinent les équilibres au sein de la Ligue exigeant de l’l’Algérie une stratégie diplomatique agile. La rhétorique sur la réforme de la ligue arabe, sa concrétisation en est une autre nécessitant un consensus difficile à obtenir. Cependant, la position de l’Algérie par le biais de son président, offre également des opportunités. L’Algérie en tant que Pays historiquement non aligné et acteur majeur de la région du Maghreb, peut jouer un rôle de facilitateur et de médiateur. Sa politique de non ingérence et son insistance sur le dialogue peuvent contribuer à apaiser les tensions et à rapprocher les points de vue au sein de la Ligue. La position d’Abdelmadjid Tebboune au sein de la Ligue se caractérise par une volonté affirmée de l’Algérie de retrouver une place plus influente. C’est une démarche qui conjugue l’attachement aux principes historique de la diplomatie algérienne en particulier sur la Palestine avec une approche pragmatique visant promouvoir le dialogue, le consensus et la réforme de l’institution panarabe. Le succès de cette politique dependra de la politique de l’Algérieà surmonter les divisions internes de la Ligue et à mobiliser ses partenaires autour d’une vision commune pour l’avenir du monde arabe. Pour l’Algérie le mot impossible n’existe pas.
