Valorisation des déchets
L’Algérie ne recycle que 10 % de ses ordures

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Par Kheireddine Boukhalfa—/—

En dépit d’un gisement estimé à plusieurs millions de tonnes par an, le taux de valorisation des déchets en Algérie demeure étonnamment faible. À peine 10 % des déchets produits à l’échelle nationale sont actuellement recyclés ou valorisés. C’est ce qu’a  révélé ce mercredi la directrice générale de l’Agence nationale des déchets (AND), Fatma-Zohra Barsa, lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale.

En effet, selon la responsable, cette faible proportion concerne essentiellement des matériaux secs non dangereux – tels que le fer, le plastique et le verre – qui présentent pourtant un fort potentiel de recyclage. « Le fer est en tête des matériaux valorisés, grâce à une filière bien implantée dans les centres de tri et de stockage », explique-t-elle. Le plastique suit de près, soutenu par la présence d’un tissu d’acteurs actifs dans ce domaine depuis plusieurs années. Le verre, en revanche, reste le parent pauvre du recyclage algérien. « Seuls trois investisseurs sont aujourd’hui engagés dans la filière verrière », déplore Mme Barsa. Une situation qu’elle estime préoccupante, appelant à une mobilisation plus importante des jeunes diplômés, des start-up et des investisseurs vers ce secteur porteur mais encore négligé. Au-delà des matériaux recyclables, le défi se pose avec encore plus d’acuité pour les déchets organiques, qui représentent près de 60 % des ordures ménagères dans le pays. Actuellement, aucune valorisation significative n’est opérée sur cette part majoritaire, malgré ses débouchés potentiels, notamment en compostage.Toutefois, le gouvernement semble vouloir renverser la tendance. Une nouvelle stratégie, initiée par le ministère de l’Environnement et de la Qualité de vie, prévoit la création de plusieurs unités de compostage à travers le territoire. Certaines ont déjà été mises en service dans les wilayas de Mascara, Mostaganem et Sidi Bel Abbès. D’autres sont en cours de réalisation, notamment à Médéa et El Oued. Si les efforts amorcés témoignent d’une volonté politique de faire évoluer le modèle actuel de gestion des déchets vers une approche plus durable, les chiffres illustrent encore l’ampleur du chemin à parcourir. Le développement d’une véritable économie circulaire en Algérie reste tributaire d’une structuration plus poussée des filières, d’un accompagnement des porteurs de projets et d’une sensibilisation accrue des citoyens. En somme, la valorisation des déchets ne constitue pas seulement une opportunité économique, mais aussi un impératif écologique. Il revient désormais aux autorités, aux investisseurs et à la société civile d’en faire une priorité nationale.

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