67, 56% est le taux de réussite retenu à l’échelle nationale à l’examen du brevet d’enseignement moyen. C’est moyen si on considère la caractéristique d’un tel diplôme. Ce n’est pas le bac . Il est plus compliqué que celui de la sixième mais c’est loin de constituer un barrage insurmontable. Alors pourquoi n’a-t-on pas atteint 75% au lieu de ces 67% ?
La question mérite d’être posée car sa réponse éclairera le futur de tous les examens scolaires en Algérie. Certes c’est une victoire et le mot n’est pas trop fort pour dire que depuis ‘arrivée de Tebboune à la tête du pays, toutes sortes de fraudes et de maquillages savants ont disparu du paysage politique et de la circulation, qu’il s’agisse d’économie ou d’éducation. On a appliqué le principe de sévérité à tout ce qui peut fausser une réalité basée sur des faits objectifs. Or nous savons que dans le passé, pas si lointain que cela, on prenait toutes ses aises concernant les résultats affichés. Il est même arrivé qu’au cours de la décennie 80 les résultats du Bac affichaient un taux de réussite égal ou légèrement inférieur à 80%. Bien sûr tout cela c’était voulu car au temps du parti unique qui se mêlait de tout, le Bac ne pouvait pas être dévalorisé même si l’UNSECO avait déclaré à l’époque que le Bac algérien figurait parmi les plus médiocres au monde. Avec Tebboune ce genre de politique n’existe plus et il a fait en sorte que cela ne se fera plus puisqu’il a inscrit dans la loi toutes les sévérités pénales et autres concernant toute fraude aux examens nationaux. Cette année tous les moyens même ceux paraissant excessifs comme la coupure internet de 8 heures du matin à 18 heurs dans les zones où se déroulent les épreuves du baccalauréat et cela durant cinq jours. Certes avec l’examen du BEM on n’est pas allé aussi loin car cela n’était pas nécessaire. La fouille des élèves à l’entrée des salles de classe suffisait et tous les portables pour ceux des élèves qui en possèdent car ce n’était pas le cas pour tout le monde sont saisis provisoirement jusqu’à la fin des épreuves. De toute manière les fraudes via internet concernant le BEM ne constituent pas un danger existentiel pour un tel examen. Alors pourquoi un tel résultat qui aurait pu incontestablement être meilleur que celui qui vient d’être affiché aujourd’hui ? La réponse est dans le déroulement des cours dispensés au cours des quatre années d’enseignement dans les CEM d’Algérie. On continue d’enseigner très classiquement, sans faire preuve d’aucune innovation. Un enseignement dispensé dans des classes dont l’aspect n’a pas varié depuis Jules Ferry car quoi qu’on en dise nous avons hérité du système éducatif français datant du plus profond de la colonisation française même si la langue d’enseignement a changé. Mais ce n’est pas ce côté linguistique qui a changé la donne. Les salles de classe de toutes les écoles, collèges et lycées n’ont subi aucun changement depuis plus de soixante ans d’indépendance. Ce sont toujours des tables placées en face d’un désolant tableau noir ou vert, à côté duquel est surmontée une estrade où siège un enseignant dominant une classe où sont assis des élèves soumis au bon vouloir de cet enseignant. Il faut voir ailleurs et précisément dans les pays émergents comment l’enseignement se fait, indépendamment du coté politique ou idéologique. Il est tout simplement moderne et saisissant pour les élèves lesquels dans une telle atmosphère de clarté et de modernisation des équipements rivalisent d’ardeur pour arriver aux meilleurs résultats. Décidément on se trouve à des années lumières de ces pays. Alors commençons d’abord à moderniser nos classes et la méthode d’enseigner et on verra les résultats. Ils seront incontestablement meilleurs et moins médiocres que ceux affichés aujourd’hui.
