L’Algérie enregistre une croissance hors hydrocarbures de 4,2 % en 2024, selon le FMI

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Par Kheireddine Boukhalfa—/—

L’Algérie maintient une dynamique économique encourageante hors hydrocarbures, malgré un contexte international instable et une baisse conjoncturelle des recettes pétrolières. C’est ce qu’a souligné le Fonds monétaire international (FMI) à l’issue de sa mission de consultations au titre de l’article IV, menée dans le pays du 16 au 30 juin.

En effet, dans son communiqué publié sur son site officiel, l’institution de Bretton Woods salue la résilience de l’économie algérienne, en relevant une croissance de 4,2 % en 2024 dans les secteurs non liés aux hydrocarbures. Cette performance illustre, selon le FMI, la vitalité de l’économie hors rente pétrolière. En dépit d’un léger ralentissement par rapport aux 4,1 % enregistrés en 2023, la croissance globale est restée positive, à 3,6 % en 2024. Ce ralentissement s’explique principalement par la baisse volontaire de la production pétrolière décidée par les pays de l’OPEP+, dont l’Algérie est membre. Le FMI souligne par ailleurs que les fondamentaux financiers du pays restent solides. Les réserves officielles de change s’élèvent à 67,8 milliards de dollars, couvrant environ 14 mois d’importations — un niveau jugé « conséquent » par l’institution. Autre indicateur au vert : l’inflation. Le rythme d’évolution des prix à la consommation a fortement reculé, passant d’une moyenne de 9,3 % en 2023 à 4 % en 2024. Ce recul est principalement attribué à une hausse plus modérée des prix alimentaires. La tendance désinflationniste est observée même en excluant les secteurs de l’énergie et de l’alimentation. En revanche, le tableau budgétaire est moins reluisant. Le déficit public s’est creusé en 2024 pour atteindre 13,9 % du PIB. Cette détérioration s’explique par une baisse des recettes des hydrocarbures conjuguée à une hausse des salaires et des dépenses d’investissement public. Le FMI anticipe un maintien de ce déficit à un niveau élevé en 2025.

Des perspectives à court terme « positives »

Malgré ces déséquilibres budgétaires, les perspectives économiques à court terme restent « globalement positives », selon le FMI. La reprise attendue de la production d’hydrocarbures, portée par la levée progressive des restrictions de l’OPEP+, devrait stimuler davantage la croissance en 2025. L’inflation, quant à elle, devrait rester modérée. À moyen terme, les perspectives pourraient s’améliorer significativement si les réformes de diversification économique sont poursuivies et si le plan d’action du gouvernement est mis en œuvre.Ainsi, pour préserver la stabilité macrofinancière dans un environnement mondial incertain, le FMI recommande un rééquilibrage budgétaire progressif, mais rapide. Ce dernier permettrait, selon l’institution, de réduire les vulnérabilités, stabiliser la dette publique et reconstituer les marges budgétaires à moyen terme. Le FMI appelle également à une plus grande flexibilité du taux de change du dinar. Une telle mesure permettrait à l’économie algérienne de mieux absorber les chocs extérieurs, dans un contexte de volatilité persistante des cours de l’énergie.

Progrès salués et réformes attendues

Le Fonds salue les efforts des autorités algériennes pour améliorer la transparence budgétaire, à travers l’application progressive de la loi organique de finances de 2018, ainsi que la mise en œuvre de la nouvelle loi monétaire et bancaire de 2023. Parmi les réformes structurelles jugées prioritaires à moyen terme, figurent celles liées à la soutenabilité des finances publiques, au soutien à l’investissement privé, à la création d’emplois et à la promotion d’une croissance plus inclusive. Le FMI note positivement plusieurs initiatives en cours : la mise en place d’un guichet unique pour l’accès au foncier, les efforts pour aligner les exportations sur les normes internationales, ainsi que le soutien au développement du commerce électronique. Enfin, l’institution recommande une stratégie révisée de mobilisation des recettes fiscales, en élargissant l’assiette fiscale. Elle préconise également une réforme progressive du système de subventions, afin de dégager de nouvelles marges de manœuvre pour financer des dépenses prioritaires, notamment des aides ciblées en faveur des ménages vulnérables.

« Nous ne reculerons pas »

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