Réouverture stratégique de trois quais au port d’Alger

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Par .Kheireddine Boukhalfa—/—À l’occasion du 63e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, le port d’Alger a franchi un cap décisif en réhabilitant et remettant en service trois quais stratégiques, signant ainsi une avancée majeure pour l’économie nationale et la logistique maritime du pays.

C’est dans une ambiance solennelle que s’est tenue la cérémonie d’inauguration, présidée par le ministre des Transports, M. Said Sayoud, en présence du wali d’Alger et de nombreux responsables institutionnels. Ce projet, intégralement mené par des compétences locales, marque une réussite à la fois technique et symbolique, respectant les standards internationaux les plus rigoureux.Longtemps restés en friche, les trois quais désormais opérationnels s’étendent sur une longueur totale de 880 mètres. Selon l’Entreprise portuaire d’Alger (Epal), ils permettent un gain de surface de 70.000 m², équivalent à une capacité d’accueil de plus de 6.000 conteneurs supplémentaires. Ce renfort d’infrastructure réduit sensiblement l’attente des navires dans la rade, fluidifiant les flux commerciaux et désengorgeant les quais existants. « Ce chantier, relancé après presque dix ans de blocage, prouve que l’Algérie a les moyens de réaliser de grandes infrastructures, compétitives et modernes », a souligné le ministre Said Sayoud, mettant en lumière le rôle crucial d’entreprises nationales telles que Cosider, Meditram, et de bureaux d’études locaux dans sa réalisation. Pour M. Abdelhamid Boualam, directeur général de l’Epal, les résultats sont déjà palpables. Il affirme que la capacité annuelle du port augmentera de 300 navires et 150.000 conteneurs, avec une baisse significative du nombre de navires en rade, passant de 10 à 12 par jour à environ 6. Cette efficacité accrue devrait également entraîner une réduction notable des surestaries – ces pénalités que l’État verse pour l’immobilisation prolongée des navires – générant ainsi des économies substantielles pour le Trésor public. Au-delà de la réhabilitation physique des quais, le plan de développement de l’Epal prévoit une montée en puissance technologique. Six grues spécialisées seront prochainement acquises pour améliorer le traitement des conteneurs. À cela s’ajoutent des efforts de digitalisation des services et de formation du personnel, éléments clés pour atteindre une logistique portuaire de haut niveau. D’ici la fin du mois, un quatrième quai, le quai 18, viendra s’ajouter à cette dynamique, renforçant encore les capacités du port d’Alger. Ce chantier s’inscrit dans une politique plus large de modernisation des infrastructures portuaires, impulsée par les directives du président de la République. Pour l’année en cours, la société Serport a débloqué une enveloppe de 29 milliards de dinars pour l’acquisition de nouveaux équipements : portiques de quais, grues, stackers, scanners, etc. Parallèlement, 14 milliards de dinars sont alloués à la réhabilitation de plusieurs ports du pays. Parmi eux, celui d’Alger, bien sûr, mais aussi Annaba, avec un quai renforcé pour relier ses deux parties, ainsi que Ténès et Ghazaouet, qui bénéficieront de travaux de dragage essentiels pour accueillir des navires de plus grande taille. L’objectif affiché est clair : faire du port d’Alger un pôle logistique régional, compétitif et performant. Des groupes de travail spécialisés ont été mis en place pour assurer le suivi rigoureux des chantiers, avec en ligne de mire la généralisation de ce modèle à l’ensemble du réseau portuaire algérien. Par cette transformation profonde, le port d’Alger se redéfinit comme un maillon stratégique du développement économique, et un acteur clé de l’intégration commerciale du pays. Une page se tourne, laissant place à une nouvelle ère pour le transport maritime algérien, entre innovation, souveraineté et ouverture sur le monde.

 

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