Bruno Retaillau revient à l’offensive contre l’Algérie. Il remet une couche supplémentaire de haine. C’est ainsi que lors d’un entretien accordé au journal de droite « Le Figaro » il a déclaré « La diplomatie des bons sentiments » c’est terminé ! » A l’entendre on croirait que c’est lui qui a la haute main sur la politique extérieure de la France.
Ce à quoi Jean Noel Barrot, ministre des affaires étrangères, a répondu dans son tweet sur X « Il n’y a pas de diplomatie du bon sentiment ou du ressentiment, il y a de la diplomatie tout court » manière de dire au ministre de l’intérieur « Ne t’occupe pas des affaires qui ne te concernent pas ». Donc ça continue les invectives. On espérait pourtant une accalmie laissant le temps qu’il fallait à réparer les rapports entre les deux pays qui n’ont pas cessé de se dégrader. C’est mal connaitre ce personnage portant la charge de ministre de l’intérieur. Tant que cet individu continue d’exercer la fonction ministérielle qu’il occupe les rapports entre l’Algérie et la France resteront fracturés et cela ira en s’accentuant. Retaillau se fiche complètement d’Emmanuel Macron. Il empiète allègrement sur son domaine exclusif, celui de la politique extérieure. Les faibles remontrances faites par le président français qui sont souvent adressées au ministre de l’intérieur le sont de manière indirecte. Les rappels de l’Elysée à Bruno Retaillaau paraissent totalement désuets. Quant au ministre des affaires étrangères on se demande s’il exerce réellement sa fonction ou s’il ne fait que de la figuration. On se demande, réflexion faite, s’il n’existe pas une certaine duplicité entre Emmanuel Macron et Bruno Retaillau. On est tenté de le croire. Existerait –il un scénario politico –médiatique entre les deux hommes ? Cette hypothèse est probable sinon on ne comprend pas l’attitude réellement provocante de ce ministre de l’intérieur et ces toutes petites tapes sur les doigts que lui assène soi disant le président de la république. Y aurait –il une conspiration du silence, une sorte d’accord tacite secret bien entendu entre le maitre de l’Elysée et le ministre de l’intérieur qui donne à penser que le président français encourage les dérives du ministre de l’intérieur tout en faisant semblant de les réprouver ? Une chose est sûre les Algériens ne sont pas dupes. Ils ont l’habitude de ce genre d’hypocrisie politique française. Ils ont connu cela avec Giscard qui avait craché sur la soupe offerte à l’époque par le président défunt Houari Boumediene lequel, souvenons –nous l’avait reçu en grande pompe à Alger croyant qu’une page nouvelle allait s’ouvrir entre les deux pays. Quelle fut la déception de notre défunt président quand il s’aperçut que VGE préférait nettement la coopération avec le Maroc à celle conclue avec l’Algérie. La proximité sentimentale avec le défunt roi du Maroc, Hassan II sautait aux yeux. Avec François Mitterrand les relations semblaient prendre du poil de la bête. Le défunt président français donnait l’impression de s’entendre avec le président algérien de l’époque, Chadli Benjedid. En réalité François Mitterrand ayant un égo surdimensionné n’a jamais classé le président algérien dans la liste de ses « amis ». La preuve nous a été donnée lorsqu’il y eut l’interruption du processus électoral de 1990 où ce président reprochait aux dirigeants algériens un coup d’Etat. Pour lui il fallait laisser le FIS emporter cette élection législative au risque «d’afghaniser » l’Algérie. Avec Chirac et Bouteflika aux commandes on croyait que tout serait pour le mieux. L’ex président algérien était reçu avec tous les égards en France après que Chirac lui-même ait reçu l’accueil le plus chaleureux des Algérois. Pourtant il a fallu que Bouteflika dise franchement ce qu’il pensait des harkis, les traitant de «collabos» pour que les bons sentiments français à l’égard de l’Algérie redeviennent ce qu’elles étaient autrement dit mauvais. C’est donc une tradition établie depuis l’accession de l’indépendance de l’Algérie que ceux qui ont gouverné la France de VGE jusqu’à Macron, avec toutefois une parenthèse notable durant l’exercice de la présidence française par François Hollande.
