Révélations:
Le Maroc pactise avec l’ennemi depuis des décennies

0
78

 

Par Kheireddine Boukhalfa—/—Un pavé dans la mare diplomatique. C’est ce qu’a jeté le journaliste et ancien agent du renseignement français, Claude Moniquet, en révélant des informations explosives sur les liens anciens et profonds entre le régime marocain et les services de renseignement israéliens. Des révélations qui ébranlent l’image déjà ternie d’un pouvoir marocain empêtré dans une stratégie de double jeu. En effet, dans une publication largement relayée sur la plateforme X (anciennement Twitter), Claude Moniquet affirme, documents et témoignages à l’appui, que Mohamed Yassine Mansouri, le très secret patron du renseignement extérieur marocain (DGED), a effectué une visite officielle en Israël dès juillet 2006, en pleine guerre entre Tel-Aviv et le Hezbollah libanais. Objectif : rencontrer les hauts responsables du Mossad et visiter le front nord, aux côtés des services israéliens. Ce déplacement clandestin, orchestré selon Moniquet par Mehdi Hajaoui — ancien bras droit de Mansouri et figure stratégique au sein de la DGED jusqu’en 2014 —, démontre que la normalisation entre le Maroc et Israël en 2020 n’a été qu’un rideau de fumée pour légitimer des relations secrètes déjà bien installées depuis des décennies. Mais les propos de Claude Moniquet ne sont pas ceux d’un simple observateur. Ancien responsable du parti belge LIDEM, journaliste pour L’Express, ex-agent de la DGSE française et collaborateur ponctuel des services marocains, ses révélations résonnent comme un aveu venu de l’intérieur. Autant dire que l’impact en coulisses est colossal. Pris pour cible par une violente campagne orchestrée par les relais numériques du Makhzen, Moniquet a immédiatement contre-attaqué : « Je ne suis pas un agent de l’Algérie, comme certains veulent le faire croire. J’ai toujours soutenu la position du Maroc sur le dossier du Sahara occidental », écrit-il dans une seconde publication. Une manière de désamorcer les attaques tout en maintenant ses accusations intactes. Cette série de révélations survient dans un contexte déjà très tendu au sein des services marocains. Mehdi Hajaoui, le cerveau des relations secrètes avec Tel-Aviv, est aujourd’hui en fuite. Accusé par le régime d’« actes criminels », il est visé par une procédure judiciaire décrite comme « purement politique » par ses avocats français, William Bourdon et Vincent Brengarth. Moniquet s’inscrit en faux contre la tentative marocaine de faire passer Hajaoui pour un inconnu. « Entre 2005 et 2014, j’étais en contact régulier avec lui. Il dirigeait le cabinet de Mansouri, organisait des réunions à trois (Mansouri, Hajaoui et moi) et supervisait les briefings sur les groupes jihadistes dans le Maghreb », explique-t-il. Des réunions se tenaient au sein même du siège de la DGED, en présence de généraux et de hauts responsables sécuritaires marocains. Plus troublant encore, Hajaoui aurait été le premier officier marocain à bénéficier, dès 2000, d’un entraînement antiterroriste prodigué par les services israéliens. Une information qui confirme l’enracinement profond de la coopération sécuritaire entre Rabat et Tel-Aviv, bien avant l’ère Trump et les accords d’Abraham. Moniquet affirme, sur la base de sources croisées issues de la DGSE et du Mossad, que Hajaoui jouait un rôle pivot dans l’axe sécuritaire Rabat–Paris–Tel-Aviv. Une position qui aurait fini par déranger dans les cercles du pouvoir marocain, inquiets d’un homme qui « en sait trop » et dont l’exil forcé ressemble à une liquidation interne à peine dissimulée. Ces révélations, gravissimes, viennent confirmer ce que de nombreux analystes soupçonnaient : le Maroc n’a pas attendu la normalisation pour nouer des liens solides avec l’entité sioniste. Ces liens — sécuritaires, technologiques, parfois militaires — ont été tissés dans l’ombre, sous la houlette du roi Mohammed VI, avec l’aval tacite d’un appareil sécuritaire infiltré par des intérêts étrangers. Dans cette guerre des services et des récits, une certitude s’impose : le double jeu du régime marocain éclate désormais au grand jour, dévoilant un pouvoir prêt à tout, y compris à piétiner les causes arabes sacrées, pour assurer sa survie politique et sécuritaire.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici