Les associations dans le viseur:
L’État serre la vis contre les dérives financières

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Par Kheireddine Boukhalfa—/—Dans une démarche visant à renforcer la transparence financière et à prévenir tout risque de dérives, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales et de l’aménagement du territoire, a adressé une circulaire à l’ensemble des communes du pays. L’objet : accélérer le processus d’enregistrement des associations sur les registres national et local avant la mi-août, conformément au décret exécutif n°25-101 du 12 mars 2025 relatif aux procédures de gel ou de saisie des fonds dans le cadre de la lutte contre le financement des armes de destruction massive.En effet, cette initiative s’inscrit dans un dispositif plus large de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et l’utilisation des associations comme écran pour des activités suspectes sous couvert d’actions caritatives ou culturelles. Dans la lignée de cette circulaire, plusieurs communes à travers le territoire national, notamment Mekrane (wilaya de Touggourt) et Tizi N’Berber (wilaya de Béjaïa), ont lancé un appel direct aux présidents d’associations locales. Ces derniers sont sommés de procéder, dans les plus brefs délais, à l’enregistrement de leurs structures et des informations y afférentes via une plateforme nationale mise à leur disposition. D’ailleurs, certaines correspondances, précisent que les associations sont tenues de transmettre leur adresse électronique officielle aux services concernés, sous peine de voir leur responsabilité engagée en cas de non-respect de cette procédure. Au cœur de cette campagne se trouvent les engagements pris par l’État algérien dans le cadre de sa coopération avec le Groupe d’action financière international (GAFI), notamment en ce qui concerne la mise en œuvre de la recommandation n°8, portant sur la surveillance des organisations à but non lucratif. Le but est de prévenir tout usage détourné des associations à des fins de financement illicite. Dans ce sens, le gouvernement insiste sur l’importance pour les associations de se conformer non seulement au décret exécutif 25-101, mais aussi à la loi n°05-01 du 6 février 2005, modifiée et complétée, relative à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Le décret du 12 mars 2025 octroie des prérogatives élargies aux autorités compétentes, notamment à la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF). Celle-ci est habilitée à ordonner le gel ou la saisie immédiate des fonds et biens appartenant à des associations soupçonnées de liens avec des individus ou entités figurant sur des listes de sanctions nationales ou internationales. Les associations devront désormais vérifier l’identité de leurs donateurs, en particulier lorsqu’il s’agit de financements en provenance de l’étranger. Toute opération suspecte devra être documentée et signalée aux autorités, une mesure censée combler les brèches exploitées par certains réseaux de blanchiment ou de financement occulte. Ainsi, au-delà de la répression, les autorités veulent instaurer une culture de conformité et de bonne gouvernance dans le secteur associatif. Le but est double : prévenir les risques de dérive tout en renforçant la crédibilité et la légitimité des associations engagées sincèrement dans le travail humanitaire, social ou culturel.

Ce durcissement des règles marque un tournant dans la manière dont les pouvoirs publics encadrent la vie associative en Algérie. Il envoie un message clair : désormais, la transparence financière n’est plus une option mais une obligation

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