La date du 20 Aout:
Un tournant important dans la guerre d’indépendance

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Il y a eu d’abord le 20 Aout 1955 qui a révélé la barbarie du colonialisme français. Un an après à la même date s’est tenu le congrès de la Soummam qui a structuré la résistance armée, la rendant plus homogène en lui fixant des objectifs précis devant amener le combat libérateur à l’indépendance quel que soit le prix à payer.

Dix mois après le déclenchement de la lutte armée le 1er novembre 1954 un des chefs de l’insurrection armée Mostefa Ben Boulaid que la soldatesque coloniale commençait à connaitre grâce à ses attaques menées contre elle avait donné l’ordre d’intensifier plus à l’est des Aurès l’insurrection. Les alentours de Skikda, à l’époque Philippeville, furent choisis comme cible. En cette journée du 20 Aout 1955 des colons possédant des exploitations agricoles et vinicoles subirent des attaques violentes de  tous ceux qui avaient répondu spontanément à l’appel insurrectionnel donné à partir des Aurès. Des fermes furent incendiées et des colons tués. Les insurgés se rendirent ensuite dans la ville de Philippeville (l’actuelle Skikda). Ils étaient armés de pioches, de gourdins, de faucilles, de pelles. Rares étaient ceux qui possédaient une arme à feu. En entrant dans la ville ils se heurtèrent aux forces coloniales locales. Un combat sanglant s’ensuivit mais l’issue était connue d’avance. C’était la lutte du pot de terre contre le pot de fer. Toujours est –il que tous ces insurgés moururent ce jour là  en  combattants  en livrant une bataille dont ils connaissaient dès le départ l’issue fatale. Aussitôt la nouvelle connue par le gouvernorat d’Alger, des renforts armés et équipés de véhicules blindés  se dirigèrent de Constantine et de Bône vers Skikda. Sur place ils furent informés par les forces locales que tous les insurgés étaient morts et qu’il n’y avait plus rien à craindre. Cependant les habitants pieds noirs de la ville  et les colons des environs  ne l’entendirent pas de la sorte. Ils voulaient se venger  à tout prix et faire payer à ces musulmans qui ont osé braver l’ordre colonial et tué quelques dizaines de fermiers le prix le plus lourd, du genre de celui qui avait été fait le 8mais 1945 et les jours qui suivirent cette date à Sétif , Guelma et Kherrata. Commença alors une rafle gigantesque de tous les musulmans qui se trouvaient en dehors de chez eux en ville ou aux alentours allant même jusqu’aux douars et mechtas les plus reculés . Des milliers d’algériens autochtones furent transférés au stade municipal au niveau de la pelouse. Un ordre fut alors donné et les mitrailleuses entrèrent en action, fauchant cette foule qui tentait de s’enfuir vers la sortie et les gradins, vainement, Au bout de deux heures la boucherie cessa et commença alors l’œuvre macabre du coup de grâce. Tous ceux qui n’étaient pas encore morts le furent d’une balle dans la tête. Cela c’était le 20 Aout 1955 et les jours qui suivirent cette date. Une année, jour pour jour, c’est dans un autre lieu choisi pour regrouper les élites de cette armée de libération nationale qui commençait à prendre forme. Ce lieu est la vallée de la Soummam, dans cette petite Kabylie qui s’est jointe à la grande, celle où un certain Amirouche menait la vie dure aux soldats coloniaux qui perdaient énormément les leurs dans ce massif montagneux qui entourait la Kabylie. Ce jour du 20 Aout 1956 s’étaient réunis des chefs historiques de la lutte armée auxquels se joignirent des politiques du Front de libération nationale et parmi eux un certain Abane Ramdane. En ce lieu historique de la révolution algérienne des décisions extrêmement importantes furent prises sur le plan militaire d’abord en organisant cette ALN en régions combattantes (wilayas) réparties à travers tout le territoire algérien du nord au sud et de l’est à l’ouest  avec un centre unique de commandement au début mobile qui devint plus tard fixe quand celui –ci se déplaça en Tunisie après l’accession de ce pays à l’indépendance. Ce 20 Août 1956 consacra aussi la nature des liens du politique avec le militaire mais aussi le devenir de l’Algérie une fois le pays ayant arraché son indépendance.   Ces deux dates l’une sacrificielle l’autre dessinatrice de l’espoir ne doivent jamais être oubliées par les générations futures tout comme ne doit jamais être oublié le 1 er novembre 1954.

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