“Un mensonge cousu de fil bleu”:
L’Algérie démonte la mise en scène diplomatique de Paris

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Par Mohamed Tahar Aissani—/—La capitale française accuse Alger d’avoir suspendu un accord signé en 2013 sur l’exemption de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques. Une version officielle publiée noir sur blanc dans son Journal officiel. Une belle mise en scène, mais, comme l’a sèchement répliqué Alger, un “mensonge éhonté”. Car les faits, eux, sont têtus.

Depuis février 2025, c’est bien Paris qui a pris l’initiative de refuser l’entrée à des diplomates algériens, multipliant les humiliations dès le 13 février, puis deux semaines plus tard. Deux incidents qui avaient conduit Alger à exiger des explications, restées lettre morte. Mais au lieu d’assumer ses choix, Paris préfère retourner le miroir et projeter sur l’Algérie la responsabilité d’une rupture qu’elle a elle-même amorcée. La mauvaise foi française est si flagrante qu’elle en devient presque caricaturale. Alger, de son côté, n’a fait qu’appliquer une règle élémentaire des relations internationales : la réciprocité. Si vous claquez la porte à nos diplomates, ne vous étonnez pas que nous fassions de même. Un réflexe simple, basique, mais qui semble insupportable à une République qui peine à se défaire de ses vieux réflexes tutélaires. Et pour couper court aux faux-semblants, Alger a notifié officiellement le 7 août sa décision de dénoncer l’accord de 2013. L’affaire est close, le dossier classé. Sauf qu’à Paris, on préfère sauver la face en publiant un avis officiel où la réalité est inversée, comme dans un miroir déformant, histoire d’éviter à l’opinion publique française la gêne d’un aveu : c’est bien elle qui a ouvert le bal de la défiance. Ce qui aurait pu rester une querelle protocolaire prend des accents beaucoup plus lourds lorsqu’on replace l’épisode dans le long feuilleton des relations algéro-françaises. Refuser l’entrée à des diplomates, ce n’est pas seulement une mesure administrative, c’est raviver le spectre d’une hiérarchie coloniale que l’Algérie rejette désormais sans équivoque. Car en 2025, Alger n’a plus ni complexes ni patience : l’époque des passe-droits et des coups de menton est révolue. Et pourtant, la France s’entête à jouer sa pièce de théâtre diplomatique, à distribuer des rôles où elle se réserve celui de la victime bafouée, et où l’Algérie devient commodément le coupable idéal. Un spectacle de boulevard qui n’abuse plus personne, tant il trahit l’embarras d’une puissance blessée, condamnée à maquiller ses faux pas pour sauver l’illusion d’une supériorité morale. Le résultat est pathétique : cette mise en scène n’a produit qu’un boomerang. L’Algérie, en répliquant avec précision et ironie, a rappelé que la vérité finit toujours par s’imposer, même face aux grands tam-tams du Journal officiel. La rupture de l’accord de 2013 n’est pas un accident provoqué par Alger : c’est la conséquence directe des choix de Paris. Et dans ce duel narratif, chacun aura compris où se niche la crédibilité et où se joue la comédie.MTA

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