56 ans se sont écoulés depuis la démission du général De Gaulle, premier président de la 5 eme république française, celui qui était contraint par la révolution algérienne d’inscrire dans son agenda l’indépendance de l’Algérie et la mise en place de ces fameuses trente glorieuses qui permirent à la France de se redresser économiquement et de devenir la 5ème puissance mondiale. Deuxième semestre 2025 cette même France est placée au niveau de la Grèce à cause d’Emmanuel Macron.
L’homme du 18 juin 1940 qui refusa l’armistice de Pétain et appela à la résistance contre l’occupant nazi à qui on fit appel à lui dans une période où l’Algérie était à feu et à sang avait immédiatement compris que l’empire français n’avait plus aucun sens et que l’ère de la décolonisation a commencé. Il commença par accorder leur indépendance à ces pays d’Afrique occidentale française pour s’occuper du problème algérien et avoir les coudées franches pour trouver la solution qu’il fallait. Il comprit immédiatement que cette Algérie française c’était du passé et qu’il fallait plutôt se tourner vers cette France qu’il avait toujours rêvée, souveraine à cent pour cent et puissante parmi les puissances. A près l’indépendance de l’Algérie et au cours des sept ans qui suivirent celle-ci, De Gaulle permit à la France de faire parler d’elle partout dans le monde. On se souvient de son discours de Buenos Aires où à demi mot il appela à la résurgence de l’esprit de Simon Bolivar, une façon de dire aux peuples d’Amérique latine «Réveillez–vous et libérez–vous de votre dépendance américaine». On se souvient également du discours de Phnom Penh (Cambodge) où les mots qu’il prononça avaient une valeur prophétique car annonçant ce qui allait se produire quelques années dans cette partie du monde. Cependant le discours le plus tranchant était celui qu’il fit à Montréal lorsqu’il conclut ce discours par cette exclamation qui résonne encore jusqu’à ce jour «Vive le Québec libre». En 1967 quand Israël s’empara au bout de six jours du Sinaï, de la Cisjordanie y compris Jérusalem Est et le Golan syrien alors que les autres pays occidentaux exultaient et louaient la victoire éclatante d’Israël, De Gaulle se montra très réservé à la suite de cette annexion israélienne et accusa même le chantre du sionisme d’arrogance asymétrique qui a toujours fait partie du comportement des juifs à travers le monde. Cela valut au général une cascade de remontrances dont la principale venait de l’entité sioniste et bien sûr des Etats –Unis. Ces mêmes Etats –Unis que De Gaulle n’aimait manifestement pas à cause de cet hégémonisme qu’ils affichaient ostentatoirement et qui avait déjà commencé au cours de la seconde guerre mondiale où Franklin Roosevelt écartait tout le temps l’interventionnisme de De Gaulle, lui préférant un homme de Pétain le général Giraud. Cet épisode et ceux qui suivirent pendant cette guerre resta gravé dans la mémoire du général et c’est pour cela qu’il décida du retrait de la France du commandement de l’OTAN. Après la démission de ce premier président de cette cinquième république dont il a été le fondateur. La France de la grandeur commença à amorcer la descente vers la petitesse. Les cinq présidents qui succédèrent à De Gaulle bien qu’ils aient pour chacun d’eux un parcours différent effleurant à certain moment un esprit de grandeur comme cela avait été le cas de François Mitterrand, sans jamais atteindre toutefois, cet esprit frondeur et profondément indépendant du fondateur de cette cinquième république. Ces successeurs entreprirent le démantèlement en règle du gaullisme originel pour n’en laisser qu’une partie résiduelle. Des présidents soi disant gaullistes on ne peut retenir que le nom d’un seul, Jacques Chirac avec toutefois beaucoup de nuances souvent regrettables. Nicolas Sarkozy quant à lui a été le grand pourfendeur de l’esprit gaulliste en démolissant tout ce que le général avait entrepris pour faire de la France une puissance à part capable de prendre en toute indépendance et clarté ses propres décisions. En réintégrant le commandement de l’Otan sous l’autorité des Américains Sarkozy livrait la France pieds et points liés à ces derniers. Ce que De Gaulle avait combattu jusqu’à sa mort s’effondra comme un château de cartes. Le passage de François Hollande à la chefferie de l’Etat fut quant à lui d’une tristesse désespérante et d’un morne absolu; Son successeur Emmanuel Macron, l’homme qui chassa Hollande du pouvoir pour le remplacer était un inconnu du sérail politique de l’époque. Grand manipulateur des mots qu’il servait à cette France qui aspirait au changement il parvint à la conquérir mais pas pour longtemps car on comprit que celui qui venait de nulle part était en fait l’homme choisi par le grand capital et son mentor n’était autre que le baron de Rothschild. En réalité celui qui incarnait une certaine jeunesse au pouvoir était une personnalité multiple. Son visage de pro européen cache en vérité une volonté d’effacer tout esprit combattif ou ce qui en restait de cette France qu’il voulait diluer dans un moule que le peuple français rejetait. Cette personnalité multiple nous l’observons aussi dans sa manière de diriger la politique étrangère. Tantôt pro israélien, tantôt pro palestinien, tantot grand ami de l’Algérie et de son président et tantôt ami fidèle et sans faille du roi du Maroc. Cependant c’est sur le plan intérieur que ce président qui cite De Gaulle lors des grandes commémorations et anniversaires historiques va se montrer le plus grand destructeur du tissu social français créant sous sa présidence une fissure telle qu’il faudra un miracle pour la combler. Sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale alors que rien ne l’exigeait a créé un séisme politique d’une ampleur inégalée. A la suite de cette dissolution deux gouvernements sont tombés, cela rappelle les pires moments de la quatrième république pendant la guerre d’Algérie. Un troisième gouvernement dirigé par un de ses vassaux de la première heure connaîtra sans aucun doute le même sort que ses prédécesseurs. Conséquence de cet embrouillamini macronien les agences de notation de la finance mondiale ont baissé drastiquement la note de la France, pays qui était jusque là considéré comme la troisième puissance économique de l’UE. Elle est aujourd’hui descendue à son plus bas niveau comme l’avait été la Grèce au pire moment de son existence au sein de l’Union européenne. Pour une décadence on ne peut faire mieux et c’est Emmanuel Macron qui en est l’auteur.
