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Boualem Benani célèbre le cinéma et défend le théâtre

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Par Naima Allouche—/—Figure emblématique du cinéma et du théâtre algérien, Boualem Benani a honoré de sa présence la cinquième édition du Festival du film méditerranéen d’Annaba. Acteur passionné et profondément attaché à son art, il incarne depuis plusieurs décennies l’âme d’un cinéma authentique et d’un théâtre populaire qui ont marqué des générations.

Ses débuts remontent aux années 1970, lorsqu’il interprète le rôle d’un paysan dans Le Vent du sud de Mohamed Lakhdar-Hamina. Très vite, c’est le film culte Omar Gatlato de Merzak Allouache qui révèle toute l’étendue de son talent et l’inscrit définitivement dans la mémoire collective. Avec son jeu sincère et habité, Boualem Benani s’impose comme une voix singulière du cinéma algérien, capable d’incarner à la fois les rêves, les contradictions et la vitalité d’une société en pleine mutation.

De retour à Annaba, l’artiste ne cache pas son émotion. « Je garde de très bons souvenirs de la Coquette », confie-t-il, évoquant une visite qui remonte à plus de quinze ans, lorsqu’il était venu avec la troupe du regretté Rouiched pour présenter la pièce El Bouaboune avec les regrettés Sidi Ali Kouiret, Keltoum et bien d’autres comédiens qui ont marqué notre belle époque et qui ne font plus partie de notre monde. Ce retour, à l’occasion d’un festival dédié au septième art, résonne comme un hommage à son propre parcours, intimement lié à l’histoire du théâtre et du cinéma algériens. S’il se dit optimiste quant à l’avenir du cinéma, porté par une nouvelle génération dynamique qui multiplie les projets pour la télévision et le grand écran, Boualem Benani exprime en revanche une vive inquiétude pour le théâtre. « Il y a une dégradation totale et le point noir de la culture aujourd’hui. Le théâtre vit actuellement une véritable traversée du désert. Cela fait des années qu’aucune production théâtrale n’a vu le jour », déplore-t-il, appelant les responsables de la culture à redonner à la scène théâtrale la place qu’elle mérite. Pour lui, valoriser le théâtre, c’est valoriser l’histoire et la culture de tout un peuple. Malgré ce constat sévère, l’acteur demeure plein d’énergie et d’ambition. Ces dernières années, il a participé à plusieurs projets marquants, dont le feuilleton El Barani, très suivi par le public, et dont il prépare actuellement une deuxième partie. Il est également engagé dans le tournage du long métrage Poupiya, une œuvre en cours de réalisation qu’il décrit comme « un projet fort qui fera sensation sur la scène cinématographique ». Son parcours récent illustre sa volonté de rester au cœur de la création, en s’adaptant aux nouveaux formats tout en restant fidèle à l’exigence qui caractérise sa carrière. Boualem Benani continue ainsi d’avancer avec la même passion et la même conviction : l’art, qu’il soit théâtral, cinématographique ou télévisuel, demeure un levier essentiel pour transmettre la mémoire collective et inspirer les générations futures. À Annaba, sa présence a rappelé qu’il reste l’un des visages les plus respectés et les plus inspirants de la culture algérienne.

 

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