Sébastien Lecornu et son gouvernement venant d’être annoncé quelques heures avant , n’ont pas tenu une journée avant que ce premier ministre de très courte durée n’annonce sa démission et celle de son gouvernement, laquelle a été acceptée par Emmanuel Macron . C’est sur un ton solennel, sur le perron de l’hôtel Matignon que l’ami de longue date de Macron a annoncé sa fin de mission.
Les causes qui ont amené Sébastien Lecornu à jeter l’éponge sont variées mais la plus décisive a été l’annonce de Bruno Lemaire en tant que ministre des armées. Tout de suite les Républicains dont le président n’est autre que le ministre de l’intérieur Bruno Retaillau se sont unanimement braqués contre la présence de l’ex ministre de l’économie et des finances Bruno Lemaire au gouvernement dans un poste stratégique qui échappe au gouvernement car le ministère des armées comme celui des affaires étrangères n’ont de compte à rendre qu’au seul président de la république. C’est donc avec rage, sans doute exprimée avec virulence, que Retaillau s’exprimant au nom de son parti a dit Non à la nomination de Lemaire menaçant de claquer la porte entrainant avec lui tous les ministres portant étiquette LR et en premier lui-même. Macron averti par Lecornu immédiatement après ce clash a aussitôt conseillé à son fidèle ami et premier ministre de mettre fin à la récréation et d’arrêter cette mascarade. Dès sa sortie de l’Elysée après son entrevue avec le président de la république, Sébastien Lecornu fait savoir qu’il a remis sa démission et celle de toute l’équipe gouvernementale au chef de l’Etat. Cette annonce fulgurante dans sa rapidité a créé le plus grand désarroi parmi les républicains et en premier Bruno Retaillau, lequel ne s’attendait certainement pas à un tel scénario. En fait l’annonce de Lecornu a été ressentie par l’ex ministre de l’intérieur comme un coup de matraque asséné violement sur sa tête. Finies les envolées lyriques fielleuses et pleines de hargne adressées à l’Algérie ! Finies les allusions à peine voilées contre les musulmans de France ! Finies les avertissements adressées au pouvoir algérien pour libérer son «ami» Boualem Sansal ! Tout cela fait désormais partie du passé. Ce troisième départ d’un premier ministre qui fait suite aux deux précédents, signe la fin d’une autre tentative de trouver un quatrième premier ministre qui ferait l’affaire de Macron et de son bloc central. La seule solution qui reste au président de la république est la dissolution de l’Assemblée nationale, vœu exprimé avec force par le Rassemblement national. Macron dissoudra t-il la Chambre haute du parlement ? Où jouera t-il une autre carte qu’il a toujours exclu auparavant celle de nommer Jordan Bardella premier ministre , sachant bien que n’ayant pas de majorité absolue et à peine relative ce dernier se heurtera comme ses prédécesseurs à l’opposition de tous les partis de gauche et d’une grande partie du bloc central qui s’oppose énergiquement à la gouvernance par les extrêmes , à savoir LFI et le RN. Si par contre Macron dissout l’assemblée nationale et provoque une deuxième élection législative anticipée il précipitera la France dans l’inconnu.
