La contrefaçon en forte hausse en Algérie:
Plus de 387.000 articles saisis en neuf mois

0
229

Par Kheireddine Boukhalfa—/—La contrefaçon prend une ampleur inquiétante en Algérie. Les chiffres dévoilés hier par la Direction générale des Douanes et l’Institut national de la propriété industrielle (Inapi), lors d’un séminaire international à Alger sur la protection de la propriété intellectuelle et industrielle, dressent un constat alarmant : les saisies d’articles contrefaits explosent en 2025.

En effet, selon Celia Hakimi, cheffe du bureau de lutte contre la contrefaçon à la Direction générale des Douanes, 387 026 articles contrefaits ont été saisis durant les neuf premiers mois de l’année 2025, contre 83 648 articles en 2024. Une progression spectaculaire qui témoigne de la montée du phénomène. Les produits contrefaits les plus concernés sont variés : 36,1 % concernent la contrefaçon de logos, 33,4 % des dentifrices, 20,1 % des vêtements et 6,1 % des chaussures de sport, selon les données communiquées. La responsable précise que la majorité de ces marchandises proviennent de Chine et de Turquie. Les opérations de saisie ont été menées à la fois à la demande des titulaires de marques et à l’initiative des services douaniers eux-mêmes. Rien qu’entre janvier et mars 2025, 29 demandes d’intervention ont été enregistrées, donnant lieu à plusieurs alertes, a ajouté Celia Hakimi. Depuis la mise en place, en 2007, d’un dispositif spécial de lutte contre la contrefaçon, les Douanes algériennes ont reçu 778 demandes d’intervention, dont 584 ont abouti à des alertes, permettant la saisie de près de 15 millions d’articles au total. Ces chiffres traduisent l’ampleur du travail accompli, mais aussi l’intensification du trafic. Lors du séminaire, Toufik Bouzina, chargé des litiges à l’Inapi, a confirmé cette tendance à la hausse, évoquant une augmentation des contentieux civils relatifs aux marques, dessins, modèles, brevets et à la concurrence déloyale. L’institution a enregistré 78 litiges en 2024, contre 59 en 2023, selon ses chiffres officiels. L’Inapi fait également face à un autre défi : la montée de la contrefaçon en ligne. En 2024, l’organisme a reçu 233 requêtes provenant principalement de la Direction générale de la Sûreté nationale (158), de la Gendarmerie nationale (132), des Douanes (48) et de directions du commerce (2). Un chiffre en légère baisse par rapport à 2023 (247 requêtes), mais qui montre la constance du phénomène. Toufik Bouzina a souligné la nécessité d’adapter les outils de lutte à l’ère des nouvelles technologies, notamment face aux défis juridiques posés par les créations générées par l’intelligence artificielle. Il évoque à ce propos « un flou juridique » autour des responsabilités liées à ces innovations. Au-delà des pertes économiques qu’elle engendre, la contrefaçon pose également des risques pour la santé et la sécurité des consommateurs, notamment avec les produits d’hygiène comme les dentifrices ou les vêtements de contrefaçon. Les autorités appellent à une coopération accrue entre institutions, à un renforcement des contrôles et à une prise de conscience collective pour endiguer un phénomène désormais structurel

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici