Quand les prix littéraires deviennent politiques:
Le prix Renaudot décerné à Sansal en est la preuve

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 Lors de la remise du Goncourt distinguant les meilleurs romans de l’année, les membres du jury portaient tous un badge où est écrit « Je suis Sansal » Certes le prix en lui-même a été décerné à quelqu’un d’autre mais on a fait un geste pour Sansal en lui décernant le prix Renaudot dans le cadre du livre de poche . Un geste politique  beaucoup plus qu’une récompense méritée pour sa qualité d’auteur.

En fait en jouant à ce jeu de pression indirecte et d’influence largement médiatisée pour faire libérer de prison avant le terme échu Boualem Sansal on ne fait qu’affermir  la décision des autorités algériennes de maintenir emprisonné durant les quatre années cet homme qui  est toujours de nationalité algérienne qui a été reconnu coupable d’un crime de haute trahison . En fait Sansal a une chance du tonnerre de n’avoir pas été jugé par une cour statuant sur ce genre de fait très grave et dont la sanction peut aller jusqu’à la peine de mort. Le fait d’être sans cesse harcelés par tout le sérail politique français sans distinction aucune auquel se sont joints les philosophes et penseurs de droite et de gauche ne sert nullement cette personne . Cet harcèlement continu a pris l’allure d’un chantage politique et les français savent bien que l’Algérie n’a jamais cédé à un quelconque chantage de quelque nature qu’il soit.  Récemment Sébastien Lecornu parlant devant les députés de l’Assemblée nationale a parlé d’un espoir d’une reprise du dialogue entre Paris et Alger et il a cité comme base de négociation une renégociation des accords de1968 lesquels selon lui ne seront en aucun cas abrogés mais remis à l’heure de l’histoire. Cette réponse sur cette question a néanmoins poussé le premier ministre français de parler du cas de Boualem Sansal . Il aurait pu s’en abstenir car ce n’était nullement le sujet mais il l’a quand même fait et là aussi il met une sorte de pression sur Alger. Or pour l’Algérie quand on négocie quelque chose on n’en ajoute pas autre chose ou un quelconque appendice. Si l’Elysée et le gouvernement français veulent sincèrement reprendre langue et mettre progressivement fin à un différent qui existe depuis des décennies ils devraient faire table rase de tout ce qui peut encore représenter un frein à cette reprise du dialogue. Or le problème Sansal n’est et ne pourra en aucun cas figurer dans le menu des discussions à venir si ,bien entendu, il y aurait reprise des discussions. En fait ce que les français, dans leur ensemble, n’ont pas l’air de comprendre c’est que ce qu’ils ne veulent pas pour eux d‘autres pays ne le veulent pas non plus et l’Algérie fait partie de ces pays.  . Encore une fois pour la France, l‘orgueil cocardier surmonté  en panache du coq gaulois prend le dessus . On sait cependant que cet orgueil démesuré a été maintes fois battu en brèche et sérieusement écorné par des pays qui n’ont cure de l’existence de cette fierté mal placée de la France. Prenons l’exemple de cet accord franco -australien pour la construction en commun et la livraison de sous marins  par la France à Melbourne. Il a été en l’espace de quelques semaines envoyé aux calendes grecques par les Etats –Unis qui ont aussitôt remplacé la France et repris l’affaire en mains. Pourtant ce n’était pas Donald Trump qui gouvernait à l‘époque mais le fragile Joe Biden. L’autre exemple est Israël et principalement. Benyamin Netanyahu qui se fiche de ce que dit ou pense la France comme d’une guigne et il l’a démontré un nombre infini de fois .Tout ce que dit l’Elysée  à propos d’Israël entre d’une oreille et sort de l’autre.  C’est aussi le cas de la Russie qui se gargarise et rit à gorge déployée de ce que la France vit en ce moment. Alors quand le bleu blanc rouge veut imposer son point de vue au vert et blanc frappé au milieu du croissant et d’une étoile de couleur rouge , ces dernières couleurs rappellent ce que représente un sacrifice d’un million et demi de martyrs si on compte seulement la période allant de 1954 à 1962 .

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