Dans l’avion qui le transportait du Liban où il s’était rendu le souverain pontife a déclaré qu’il se rendrait en Algérie et ce sera son troisième voyage international après celui de la Turquie et du Liban. L’Algérie est quant à elle prête à accueillir sa sainteté . N’oublions pas que notre pays est la terre de naissance et de diocèse du plus grand analyste de la religion catholique.
Le pape Léon 14 avait exprimé dès son investiture en tant que chef spirituel de la plus importante religion chrétienne qu’est le catholicisme son souhait de se rendre dans le pays qui a vu naitre mais aussi mourir le plus grand penseur de la religion catholique ,en l’occurrence Augustin d’Hippone sanctifié par Rome dès les premiers siècles de la christianisation de l’empire romain. Ce penseur , auteur de plusieurs ouvrages spirituels dont s’inspire depuis leur parution l’Eglise de Rome est né en Afrique du nord , dans cette partie Est de l’Algérie qui n’était pas encore nommée ainsi qui était totalement romanisée et qui s’était très tôt convertie à cette religion nouvelle adoptée par Rome sous le règne de l’empereur Constantin. Nous sommes au cinquième siècle de l’ère chrétienne . Un penseur originaire de la cité romanisée de Taghaste (l’actuelle Souk Ahras)de père romain et de mère berbère (Monique , plus tard sanctifiée ,à son tour) fit d’abord ses études à l’université de Madaure la deuxieme après celle de Rome (actuel M’Daourouch) et à Carthage , cité également romanisée et convertie au christianisme naissant . Poussant plus loin son désir d’approfondir sa connaissance de cette foi nouvelle , Augustinus ( son nom latin)partit pour Rome où Il y avait déjà depuis trois siècles des successeurs de l’apôtre Pierre(Saint Pierre) qui régentaient cette nouvelle religion . On donnait à ces successeurs le titre de Pape mais aussi de souverain pontife. C’est à cette époque qu’Augustinus l’africain comme on l’appelait dès son arrivée dans la capitale de cet immense empire qui régnait dans une grande partie du monde connu et même au-delà . Dans ce qui sera bien plus tard la cité du Vatican dominée par l’église Saint Pierre cet originaire de la Numidie étonna son entourage d’érudits qui s’occupaient à codifier la religion catholique en présentant des idées spirituelles inédites qui séduisit le sérail de penseurs qui entourait la papauté . L’écriture et la communication des écrits de celui qu’on désignait déjà comme le penseur le plus éclairé de la nouvelle religion le plaça dans une position privilégiée. Pourtant il demanda au pape de l’époque d’être envoyé dans sa terre natale pour diriger spirituellement cette religion . La cité la plus appropriée devant servir de diocèse à Augustin devenu l’émissaire principal de la religion apostolique et romaine ne sera pas Taghaste , cité de naissance de ce vicaire, mais Hippone , l’ex Hippo Régius ( l’actuelle Annaba , anciennement Bouna puis Bône). C’est dans cette cité qu’Augustin vécut le reste de sa vie et y mourut . Ses restes furent transférés à Rome sauf son cubitus qui est aujourd’hui visible dans la basilique qui porte son nom dominant la ville d’Annaba. C’est donc un voyage de ressourcement qu’effectuera le pape Léon 14 en Algérie, pape qui fait , rappelons–le partie de l’ordre des Augustins. Pas seulement de ressourcement pourtant car en se rendant en Algérie Léon 14 qui a déjà rencontré le président Tebboune tend à montrer que cette Algérie terre des saints à commencer par le plus prestigieux d’entre eux Sain Augustin et sa mère Sainte Monique mais également Saint Donat et Saint Arnaud représente incontestablement une passerelle dans ce qu’il convient d’appeler le dialogue inter- religieux entre les deux plus grandes religions monothéistes que connait le monde actuel. L’Algérie se prépare donc à accueillir, comme il se doit, la première visite d’un pape dans le pays qui compte 99, 99 % de musulmans mais qui abrite aussi trois archevêchés sans omettre de dire que celui d’entre les trois archevêques a été promu cardinal par le défunt pape François et qui participa à l’élection au pontificat de Léon 14 .
