Le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), classé «organisation terroriste» par les autorités algériennes depuis 2021, fait face à une nouvelle épreuve significative sur le sol français.
Son prétendu président, Ferhat Mehenni, figure controversée visée par un mandat d’arrêt international d’Alger, a vu son projet de regroupement contre l’Algérie officiellement interdit par la France, suite à une instruction du Préfet sur ordre du Ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Cette interdiction, qui met en évidence la sensibilité des relations franco-algériennes, accentue la position délicate de Ferhat Mehenni en exil en France et illustre le danger croissant qui plane sur la formation séparatiste. L’interdiction de ce rassemblement, qui visait à mobiliser contre le régime algérien, est perçue comme un geste politique fort de Paris en direction d’Alger. Si Ferhat Mehenni bénéficie du statut de réfugié politique, le gouvernement français, par l’entremise du ministre Laurent Nuñez, semble vouloir éviter tout ce qui pourrait être interprété comme un soutien aux activités d’une organisation que l’Algérie considère comme une menace directe à son unité et à sa sécurité nationale. La présence et les activités du MAK en France ont toujours été une source de friction entre les deux capitales. Cette décision peut être interprétée comme une volonté de la France d’apaiser les tensions avec l’Algérie qui considère le MAK comme une entité subversive et réclame l’extradition de ses dirigeants. Ferhat Mehenni a d’ailleurs été condamné par contumace à la prison à perpétuité par un tribunal d’Alger pour «création d’une organisation terroriste et atteinte à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale». Pour les algériens, le MAK n’est pas un simple mouvement politique, mais une menace sécuritaire majeure. L’organisation a été officiellement classée «terroriste» en mai 2021, l’accusant d’être impliquée dans des actes de sabotage et de viser la déstabilisation du pays. Cette qualification a des conséquences judiciaires directes d’où les mandat d’arrêt international lancés contre Ferhat Mehenni et d’autres responsables ainsi que les nombreux militants présumés du MAK qui ont été arrêtés et jugés en Algérie sous l’accusation de terrorisme.L’interdiction de manifestation en France fragilise la plateforme de communication et de mobilisation du MAK, limitant sa capacité à agir ouvertement en Europe. Le mouvement se retrouve ainsi pris en étau entre la répression judiciaire d’Alger et la prudence politique de Paris.
L’avenir incertain du mouvement terroriste en France
L’acte du gouvernement français, bien que ne remettant pas en cause le statut de réfugié politique de Ferhat Mehenni, rend l’existence publique du MAK en France particulièrement périlleuse. L’organisation doit désormais repenser sa stratégie, voyant ses marges de manœuvre se réduire sur un territoire où elle bénéficiait d’une certaine tolérance. La situation souligne la gravité du danger politique et juridique qui pèse sur l’organisation et ses membres, notamment ceux présents en France, où la collaboration judiciaire avec l’Algérie peut conduire à des procédures d’extradition pour les personnes ne jouissant pas de la protection internationale. L’interdiction de rassemblement sonne comme un avertissement clair pour Ferhat Mehenni et le MAK. La France, dans un contexte de realpolitik, semble choisir la voie de la décrispation avec Alger, au détriment de la liberté de réunion d’une formation déjà fortement criminalisée par son pays d’origine.: En étant réprimé ou interdit à la fois par Alger et, indirectement, par Paris, le MAK cherche à renforcer sa posture de victime persécutée. La nouvelle de l’interdiction a suscité de nombreuses réactions de soulagement sur les réseaux sociaux algériens et au sein de la presse, percevant cette décision comme un revers majeur pour le mouvement séparatiste. Les partis politiques algériens le FLN et le PT et les différentes formations politiques continuent de dénoncer le MAK comme un «groupuscule fabriqué de toutes pièces» qui fait le jeu des «nostalgiques de l’Algérie française et du duo makhzen sionistes». Ils réaffirment l’idée que l’Algérie est une, unie et indivisible. Cette décision française est perçue comme un geste positif de la France, répondant implicitement à l’exigence d’Alger de respecter sa souveraineté et de bannir les activités des organisations classées terroristes. La posture du Ministre de l’Intérieur français, Laurent Nuñez, qui cherche à renouer le dialogue avec Alger, est ainsi saluée par certains médias algériens comme un signe d’apaisement. L’interdiction de la manifestation à Versailles confirme la prudence politique de la France sur les dossiers sensibles touchant à l’intégrité territoriale de l’Algérie. Elle privilégie la décrispation diplomatique avec un partenaire stratégique majeur (l’Algérie) au détriment de la liberté de réunion d’une organisation exilée, mais classée terroriste par le pays d’origine.
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