L’outrance en direct:
Quand le verbe dérape, la diplomatie trinque

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Il y a quelques jours, un nouveau cap a été franchi dans la surenchère verbale sur le plateau de CNews. Dans une séquence qui a enflammé les réseaux sociaux, l’Algérie a été dépeinte sous les traits d’un « pays terroriste ». Si l’on peut comprendre les tensions liées à l’actualité législative entre Paris et Alger, l’usage d’un tel qualificatif relève non seulement de l’insulte, mais surtout d’une déconnexion totale avec la réalité stratégique française.
Le plateau de CNews est devenu le théâtre d’une déclaration dont la violence n’a d’égale que l’absurdité géopolitique. En qualifiant l’Algérie de «pays terroriste», un intervenant sur CNEWS, ou toute personnalité s’aventurant sur ce terrain, ne se contente pas de jeter de l’huile sur le feu des mémoires ; il s’enferme dans un raisonnement fallacieux qui, par un effet domino, finit par condamner la France elle-même. Si l’on suit cette rhétorique jusqu’au bout, le constat est cinglant : que dire alors de l’État français qui, depuis des décennies, cherche à bâtir un «partenariat d’exception» avec Alger ? Si l’Algérie était l’entité décrite par ces propos de comptoir, la France se rendrait coupable de complicité de terrorisme à chaque sommet bilatéral, chaque contrat gazier et chaque accord de coopération sécuritaire. Mais la contradiction ne s’arrête pas aux frontières de l’Hexagone. En qualifiant ainsi une nation souveraine, membre éminent des Nations Unies, on insulte par extension : L’ONU, qui accueille l’Algérie en son sein et collabore avec elle sur les dossiers de paix en Afrique, les États-Unis, qui voient en Alger un partenaire stratégique incontournable dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, l’Union Européenne, qui dépend en partie de sa stabilité pour sa propre sécurité énergétique.
Une insulte à la Realpolitik
La réalité est que la lutte antiterroriste est l’un des piliers de la coopération entre Paris et Alger. Prétendre le contraire sur un plateau de télévision relève soit d’une méconnaissance crasse des dossiers diplomatiques, soit d’une volonté délibérée de saboter les efforts de rapprochement. Accuser l’autre d’être un « terroriste » sans nuances, c’est traiter la diplomatie mondiale de schizophrénie. Si l’Algérie était ce que disent certains « plateauniers » de CNEWS, alors le monde entier, France en tête, serait l’allié du terrorisme. Cette conclusion absurde démontre bien l’inanité de la déclaration initiale. La liberté d’expression ne doit pas être le paravent de la calomnie internationale. Quand des personnalités publiques utilisent des termes aussi lourds de conséquences, elles ne font pas que «dire une vérité» : elles attisent les haines et fragilisent les ponts que des diplomates et des citoyens des deux rives s’efforcent de construire chaque jour. Il est temps que les médias cessent de servir de caisse de résonance à des analyses de comptoirs qui, sous couvert de « franc-parler », insultent l’intelligence des téléspectateurs et la réalité des relations internationales. Il est temps de rappeler que la « Realpolitik » n’est pas une trahison, mais une protection. Prétendre que l’Algérie est un État terroriste est une contre-vérité historique et un suicide diplomatique. Ceux qui brandissent ces accusations sur les plateaux TV français en particulier CNEWS, devraient se demander si leur but est de défendre la France ou simplement de flatter une audience en attisant des haines qui, à terme, ne profiteront qu’aux véritables terroristes.

 

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