CAN 2025:
Chronique d’un naufrage arbitral et de l’arbitraire continental

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De Marrakech à Rabat, l’édition 2025 de la Coupe d’Afrique des Nations restera dans les annales, mais pas pour le beau jeu. Entre désignations de dernière minute, VAR muette et décisions à sens unique, le tournoi ressemble de plus en plus à un scénario écrit d’avance où les « géants » historiques, Algérie, Cameroun, Tunisie, ont été poussés vers la sortie sous les yeux d’une CAF impuissante, plutot complice. Le football africain espérait une fête; il assiste à un simulacre. Alors que les projecteurs devaient éclairer le talent des joueurs, ils ne font que souligner les zones d’ombre d’un arbitrage devenu l’acteur principal des tableaux d’affichage. Jamais, dans l’histoire récente de la compétition, le sentiment d’une élimination « programmée » n’avait été aussi prégnant pour les nations du Nord et le bloc camerounais. L’Algérie était face au « Mur » Sénégalais. Ainsi l’élimination des Fennecs face au Nigeria (0-2) en quart de finale n’est pas seulement sportive, le nom de l’arbitre sénégalais Issa Sy est désormais synonyme de scandale à Alger. Deux penaltys flagrants oubliés, des cartons jaunes distribués comme des tracts pour museler toute contestation, et une tension électrique qui a fini par exploser au coup de sifflet final. Plus troublant encore : le changement d’arbitre à la onzième heure. Pourquoi remplacer le Somalien Artan, initialement prévu, par Issa Sy ? Pour la Fédération Algérienne (FAF), qui a déposé un recours officiel, l’attitude « irrespectueuse » de l’officiel et ses erreurs techniques ne sont pas des accidents, mais les pièces d’un dossier accablant.
Le Cameroun « Sacrifié » sur l’Autel de l’Hôte
Si l’Algérie crie au scandale, le Cameroun, lui, parle de trahison. Le quart de finale contre le Maroc a tourné à la parodie de justice sportive. Le remplacement, là encore à la dernière minute, de l’arbitre égyptien par le Mauritanien Dahane Beida, sous la pression supposée des organisateurs, a scellé le sort des Lions Indomptables. Un penalty évident sur Bryan Mbeumo à la 70e minute ? Ignoré. Une utilisation de la VAR à géométrie variable ? Systématique. Gregory Schneider, chroniqueur sur L’Équipe du Soir, a résumé le sentiment général par une phrase qui a fait le tour du continent : « Qu’on gagne du temps et qu’on leur donne la coupe directement ! » La Tunisie, déjà malmenée en phase de poules, a subi cette même loi de « l’arbitrage fort avec les faibles et faible avec les forts ». En ne protégeant pas le jeu et en hachant les rencontres des Aigles de Carthage par des décisions administratives litigieuses, la CAF semble avoir instauré un système à deux vitesses. Les plaintes se multiplient, du Mali à la Tanzanie, dénonçant une logistique et un sifflet dévoués aux « cadors » protégés ou au pays organisateur. Le constat est amer. Alors que la CAN 2024 en Côte d’Ivoire avait été saluée pour sa transparence, la version 2025 sombre dans l’arbitraire. Des arbitres changés par email quelques heures avant le match. L’influence de la fédération Marocaine sur le choix des officiels VAR est conséquente. Des enquêtes disciplinaires ouvertes contre ceux qui contestent (Algérie), mais un silence radio sur les fautes techniques des arbitres. Le football africain ne pourra progresser tant que le terrain sera dicté par des coulisses trop bruyantes. Pour l’Algérie, le Cameroun et la Tunisie, cette CAN n’aura pas été une compétition, mais un guet-apens.

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