Le sacre des «Lions» et la «guerre des serviettes»:
Un psychodrame de vestiaire devenu un scandale médiatique mondial.

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Si le Sénégal a soulevé son deuxième trophée continental dimanche soir, la presse internationale ne retient pas seulement le but de Pape Gueye. Entre les gouttes d’une pluie battante, une scène surréaliste a captivé les observateurs : la traque acharnée de la serviette d’Édouard Mendy par les officiels et joueurs marocains. C’est une image que les manuels de football n’avaient pas prévue. Alors que le Sénégal et le Maroc se livraient une bataille tactique de haut vol, une autre guerre, plus souterraine et absurde, se jouait au pied du poteau d’Édouard Mendy. Pour la presse internationale, ce qui aurait pu n’être qu’une anecdote de match est devenu le symbole d’une finale sous haute tension. Le média britannique The Independent et le réseau bein sports ont largement relayé les images de ramasseurs de balles, de stewards et même de joueurs de renom, comme Achraf Hakimi, tentant par tous les moyens de subtiliser la serviette du portier sénégalais. Sous une pluie diluvienne, l’enjeu était pourtant simple : permettre à Mendy de garder ses gants secs pour assurer ses prises de balle. L’ancien défenseur de Manchester United, Rio Ferdinand, s’est d’ailleurs insurgé sur les réseaux sociaux, qualifiant ces tactiques de «psychologiques et originales», tout en exigeant des explications de la part de la Fédération marocaine. Pour lui, empêcher un gardien de s’essuyer les mains dépasse le cadre du simple «folklore» pour toucher à l’intégrité du jeu.
Entre « Magie noire» et tactique de déstabilisation
Si certains observateurs, notamment sur les réseaux sociaux et dans certains tabloïds, ont immédiatement crié à la superstition ou à la «sorcellerie» (la fameuse crainte du fétiche caché dans la serviette), la presse sérieuse y a surtout vu une dérive de l’art de gagner par tous les moyens. TRT World note avec ironie que le Sénégal a dû gagner deux matchs ce soir-là : celui sur la pelouse et la «guerre des serviettes». Le média souligne le rôle héroïque et presque comique du gardien remplaçant, Yehvann Diouf, transformé en garde du corps de textile, allant jusqu’à être traîné au sol pour protéger l’accessoire de son coéquipier. Le contraste a été particulièrement relevé par la presse française et africaine. TV5Monde et plusieurs éditorialistes ont pointé l’ironie de voir le Maroc recevoir le prix du «Fair-Play» de la CAF alors que les images de sabotage se multipliaient sur la toile. «Un spectacle absurde qui salit l’image du football continental», titraient certains médias spécialisés le lendemain du sacre. La conclusion de cette affaire est venue des vainqueurs eux-mêmes. Dans un geste de dérision qui a fait le tour du monde, Yehvann Diouf a posté une photo de lui avec sa médaille d’or… et la fameuse serviette. Une manière de clore un chapitre qui, s’il a fait sourire par son côté grotesque, pose de réelles questions sur l’organisation et la discipline autour des aires de jeu lors des grands rendez-vous africains. Au-delà du folklore, la presse mondiale s’accorde sur un point: cette «affaire des serviettes» restera dans les annales comme l’un des épisodes les plus bizarres de l’histoire de la Coupe d’Afrique, prouvant que dans le football moderne, même un morceau de tissu peut devenir une affaire d’État.
Chronique d’une obsession marocaine qui a fait le tour du globe
D’Accra à Buenos Aires, en passant par Londres et Doha, les images du «sabotage de la serviette» d’Édouard Mendy ont suscité la stupeur. Ce qui devait être une finale de prestige s’est transformé en un spectacle ubuesque, scruté par les plus grands titres de la presse internationale comme une dérive inquiétante du fair-play. Si le Sénégal a triomphé sur le terrain, le Maroc a, de l’avis de nombreux observateurs, perdu sur le terrain de l’élégance. La traque acharnée menée par les officiels et joueurs marocains pour subtiliser une simple serviette au gardien sénégalais est devenue, en 90 minutes, un cas d’école de déstabilisation psychologique.
La presse britannique : Entre effarement et sarcasme
Le prestigieux quotidien The Guardian n’a pas manqué de souligner l’absurdité de la situation: «Dans un stade de niveau mondial, voir des ramasseurs de balles et des joueurs d’élite se transformer en voleurs de linge sous une pluie battante est une image qui restera comme la plus bizarre de l’année.» De son côté, la BBC Sport s’est interrogée sur la passivité du corps arbitral face à ce qu’elle qualifie de «harcèlement matériel systématique», notant que la protection de l’équipement du gardien est devenue un enjeu tactique plus important que le placement défensif lui-même.
L’Espagne et le Portugal : Le choc de la « Guerre Froide » textile
En Espagne, le journal Marca a mis l’accent sur le rôle des stars évoluant en Europe, notamment Achraf Hakimi. «L’image de la star du PSG impliquée dans une querelle de chiffon au milieu d’une finale continentale est un paradoxe qui nuit à la solennité du moment», écrit le quotidien madrilène. Au Portugal, A Bola a décrit une «véritable guérilla psychologique», comparant les méthodes utilisées à une forme de «pression mystique» déguisée en tactique de jeu, tout en saluant la résistance stoïque du banc sénégalais qui a dû former une garde prétorienne autour du sac de Mendy.
L’Amérique Latine : «Le folklore devenu obstruction»
Le quotidien argentin Olé, habitué aux ambiances électriques et aux ruses de terrain, a pourtant exprimé sa surprise: «Nous connaissons les ruses, mais voir une fédération entière se mobiliser pour une serviette sous l’œil des caméras du monde entier dépasse la fiction.» Pour le journal sud-américain, cet acte d’antisportivité a paradoxalement galvanisé les Lions de la Teranga au lieu de les affaiblir.
Al Jazeera et la presse du Golfe : Un incident qui ternit l’image
Le réseau Al Jazeera English a consacré un décryptage sur la gestion de l’image de cette finale, soulignant que «cet incident, bien que paraissant mineur, révèle les tensions extrêmes et les méthodes non conventionnelles qui règnent encore dans les coulisses du football africain.» Le média qatari a pointé du doigt la responsabilité des organisateurs dans la protection de l’intégrité physique et matérielle des joueurs.
L’analyse de la presse africaine de référence
Le journal panafricain Jeune Afrique pourtant pro marocain a, pour sa part, dénoncé une «dérive superstitieuse institutionnalisée», regrettant que la performance athlétique soit passée au second plan derrière une polémique liée à la «Black Magic» supposée. «Le Maroc a tenté de gagner par la psychologie de l’irrationnel, mais le Sénégal a répondu par la solidité du réel», résume l’éditorial. Aujourd’hui, l’image de Yehvann Diouf, le gardien remplaçant, célébrant le sacre avec la serviette « sauvée » sur l’épaule, est devenue virale. Pour la presse internationale, cette serviette est devenue le trophée de la résistance face à l’obstruction administrative du terrain.

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