Pratiquement un dixième de la population française est de confession musulmane, ce qui fait de la France le pays d’Europe occidentale qui en compte le plus. Depuis la montée de l’extrême droite dans l’espace politique français, ce qui était ressenti comme un racisme ordinaire envers tout ce qui n’est pas chrétien ou juif s’est transformé assez rapidement en actes anti-islam. Les actes islamophobes ont décuplé. Il ne s’agit plus seulement de discours ou d’invectives verbales; il est aujourd’hui question d’actions physiques et violentes. Ainsi, on assiste fréquemment à des jets de cocktails Molotov sur des mosquées, à des graffitis abjects et insultants contre la religion musulmane ou à des mises à feu du Livre sacré, même si ces dernières restent isolées et ne ressemblent pas encore aux fameux autodafés de l’époque hitlérienne dans l’Allemagne nazie. Faut-il ajouter l’assassinat du Malien Cissé au milieu de sa prière de l’aube ? Faut-il également signaler les menaces de plus en plus nombreuses de nervis de l’extrême droite sur Instagram? Les médias français, surtout les chaînes d’information, sont étrangement muets sur cette islamophobie rampante qui risque de devenir galopante. On n’en parle pas du tout, alors que si un acte ou une déclaration verbale qualifiée d’antisémite se produit, c’est aussitôt un immense tollé : tout le monde en parle durant des jours. Le plus grave dans tout cela est l’amalgame que ces médias opèrent en désignant l’islam comme la principale source de l’antisémitisme. Ainsi, ces médias, mais aussi tous les partis d’extrême droite, de droite et même une fraction de la «gauche judaïsée» (on aura vite compris laquelle), se joignent à ce qu’on peut assimiler à une croisade anti-islam. Celle-ci est justifiée par ce que ces médias et formations politiques présentent comme une montée de l’antisémitisme en France. Plus grave encore, il est désormais interdit de faire le distinguo entre le sionisme et l’antisémitisme. Le CRIF, cette institution de représentation des juifs de France, exerce indubitablement une influence d’une redoutable efficacité au niveau de toutes les institutions républicaines. Courtisé au plus haut niveau, jusqu’à l’Élysée, ce «syndicat» car il n’y a pas de terme plus juste pour le qualifier parle de plus en plus au nom des 600 000 juifs français. Une très grande proportion d’entre eux effectuent ce qu’ils appellent leur «Alyah», c’est-à-dire des déplacements réguliers vers ce qu’ils nomment la «Terre promise», et bénéficient d’ailleurs de la double nationalité. Ils sont devenus, pour la plupart, des Franco-Israéliens. La quasi-totalité encense le sionisme et le justifie. Ces centaines de milliers de juifs vivant en France sont béatement admiratifs des actions guerrières d’Israël. Lors de l’attaque du 7 octobre 2023, assimilée à ce que ces derniers nomment un «pogrom» en allusion à ceux commis au cours des siècles en Pologne, en Russie ou en Ukraine, on a fait pleurer la France. On a pointé du doigt les musulmans, coupables, selon cette France soumise et vassalisée par l’influence sioniste, de ne pas avoir condamné une telle attaque. On a ressorti, il fallait s’y attendre, la rengaine de la Shoah, reprise avec hystérie. Pendant ce temps, Israël se vengeait en commettant un génocide en règle contre les Palestiniens vivant à Ghaza. La réaction des médias et des partis politiques français, qui ont toujours soutenu l’entité sioniste, était franchement disproportionnée. En comparaison de ces lamentations incessantes et des condamnations unanimes du 7 octobre, le traitement de ce qui se passe à Ghaza montre qu’il y a un fossé, c’est le jour et la nuit. Incontestablement, la France est en train de basculer vers un racisme identitaire qui risque d’aboutir à des conflits interreligieux de grande ampleur. On a connu cela il y a longtemps, au XVIe siècle, entre ceux qu’on appelait les huguenots (protestants calvinistes) et les catholiques, notamment au cours de la sinistre nuit de la Saint-Barthélemy.
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