Le retour de l’ambassadeur de France à Alger

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L’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet a regagné son poste à Alger après plusieurs mois d’absence due à son rappel par Paris. Cela signifie-t-il un dégel que vient d’amorcer l’Elysée montrant ainsi sa disponibilité à tourner la page? Il est trop tot pour afficher un optimisme béat mais avec ce retour de son ambassadeur à Alger la France fait un premier pas. Il y aura certainement un geste réciproque de l’Algérie . On ne tardera probablement pas à savoir le retour de notre ambassadeur à Paris. Serait–ce le même? Ou un autre? Une chose est sure les choses commencent à se décanter. La visite de Laurent Nunez à Alger a fait bouger des lignes qui semblaient figées. La participation de ce dernier à la rupture du jeune de Ramadan organisée annuellement par le recteur de la mosquée de Paris, lequel convie traditionnellement les ambassadeurs à partager un grand moment de convivialité n’est pas passée inaperçue. Elle était même particulièrement remarquée. Cela tranchait avec l’année 2025 où le ministre de l’intérieur, un certain Bruno Rétaillau, pourtant invité, avait boudé cette invitation, laissant deviner qu’entre l’Algérie et la France rien n’allait plus. Le nouveau ministre de l’intérieur est quant à lui d’un avis diamétralement opposé, sa présence à cette rupture du jeune en sa qualité de ministre chargé des cultes prouve que l’hostilité affichée par son prédécesseur c’est du passé et qu’il faille se tourner vers l’avenir et corriger un présent encore meurtri par quelques obsessions qui n’avaient pas lieu d’être. Que va-t-il se passer au cours des semaines et mois à venir entre Paris et Alger ? Beaucoup de choses probablement mais sans que l’on sache de quoi il s’agit. La nouvelle approche des rapports entre les deux capitales est depuis la visite de Laurent Nunez à Alger différente de celles qui ont tout le temps eu lieu. Autrement dit on annonçait ce qui allait se passer avant toute concrétisation. On sait ce que cela a donné. Toutes les intentions dévoilées avec un certain faste communicationnel ont souvent été détournées par tous ceux qui ne désirent nullement qu’entre la France et l’Algérie il y ait une quelconque entente. Cela s’est vu notamment lors de la visite de Jean Noel Barrot à Alger en 2025 où tout le monde pensait que cette fois–ci c’était pour ainsi dire la bonne occasion de mettre fin à cette méfiance qui s’était instaurée entre les deux pays. A son retour à Paris le ministre français des AE s’est retrouvé confronté à un piège tendu par le ministre de l’intérieur de l’époque et on sait de qui il s’agit rendant ainsi son déplacement à Alger inutile. Les choses retournèrent donc à la case départ. Cette fois–ci, aussi bien à Alger qu’à Paris, on a retenu la leçon et on a pris les devants. On a probablement convenu que tous les accords passés entre les deux pays dans n’importe quel domaine seront certes, en partie dévoilés, mais l’essentiel, pour ainsi dire le nœud gordien de tout accord doit être quant à lui maintenu dans le secret afin qu’il ne fasse pas l’objet d’un détournement de ses objectifs. Il sera difficile à tous les cercles hostiles à toute normalisation avec l’Algérie de mettre des bâtons dans les roues à cette normalisation s’ils ignorent la nature des accords. En dernière analyse la reprise des rapports sans nuages à l’horizon entre les deux pays se fera de manière graduelle mais elle se fera.

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