L’Algérie courtisée:
Après Giorgia Meloni, c’est au tour de José Manuel Albares de se rendre à Alger

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La présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni, s’est rendue hier à Alger pour une visite de travail, comme annoncé précédemment. Elle a été aussitôt reçue par le président de la République pour ce qui s’apparente, en quelque sorte, à des retrouvailles diplomatiques. Par ailleurs, nous apprenons que le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, est attendu ce jeudi dans la capitale algérienne.
Alger est, en ce moment, l’objet de toutes les convoitises. Si notre capitale l’a toujours été, l’intensité des derniers jours est inédite. Cette accélération intervient alors que le Qatar, l’un des plus grands fournisseurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL), voit une grande partie de sa production paralysée après l’attaque réussie par missiles iraniens contre l’une de ses plus importantes installations de liquéfaction. À cela s’ajoute le blocage du détroit d’Ormuz, qui empêche tout acheminement de pétrole et de gaz en provenance des pays du Golfe jugés hostiles par la République islamique d’Iran. L’Italie et l’Espagne, clients traditionnels de l’Algérie via les deux gazoducs reliant les deux rives de la Méditerranée, cherchent désormais à augmenter leurs approvisionnements en gaz algérien (naturel et liquéfié). C’est d’ailleurs l’objectif majeur de la visite, prévue de longue date, de la dirigeante italienne. Cette opportunité de diversifier ses sources énergétiques se présente sous les meilleurs auspices pour la péninsule. Actuellement, l’Italie importe plus de 33% de son gaz d’Algérie. Le reste de ses besoins est couvert par le Qatar, l’Azerbaïdjan, les États-Unis et la Norvège. Or, l’Italie importait 17% de son GNL du Qatar; une part qui, pour un long moment, ne prendra plus la route des exportations et devra être remplacée. Mais par quel fournisseur ? Il y a de très fortes chances que l’Algérie soit la solution privilégiée. Les 9% de gaz azerbaïdjanais, acheminés par gazoduc via la Turquie, sont largement insuffisants pour combler le vide. Quant aux États-Unis, les coûts de transport et les délais d’acheminement ne favorisent pas l’Italie, tandis que la production norvégienne bénéficie prioritairement à l’Allemagne et au Royaume-Uni. L’option algérienne est donc la plus sérieuse pour remplacer les 17% qataris. Si un accord est conclu à l’issue de cette visite, la part algérienne dans la fourniture de gaz à l’Italie passerait de 33% à 50%. Le défi est énorme pour l’Algérie, mais le pays s’y consacre déjà. Rappelons que le plan national prévoit de doubler la production actuelle à l’horizon 2028, avec une enveloppe de 60 milliards de dollars d’investissements. Après la visite de Giorgia Meloni, celle de José Manuel Albares s’inscrit dans la même trajectoire. Le chef de la diplomatie espagnole, qui devrait également être reçu par le président Tebboune, vient solliciter une augmentation des flux via le gazoduc reliant l’Ouest algérien à la péninsule ibérique. Là aussi, les chances de voir cette demande honorée à terme sont réelles. Enfin, il ne faut pas oublier le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger, dont la réalisation progresse. L’Algérie s’impose indubitablement comme un acteur incontournable de la sécurité énergétique de l’Europe. D’autres pays, comme la Belgique, la Croatie et la Slovénie, sont d’ores et déjà en pourparlers avec Sonatrach.

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