Logement « AADL 3 »
L’État maintient son soutien… mais fixe ses limites

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Par Kheireddine Boukhalfa—/—Dans une réponse officielle datée du 28 mars 2026, le ministère des Finances a apporté des précisions importantes sur les mécanismes de financement du programme de logements «AADL 3». Si l’État réaffirme son engagement massif dans ce dispositif, il trace néanmoins une ligne claire : le financement de la première tranche ne relève pas du soutien public direct. En effet, dans son document référencé sous le numéro 714, adressé au député de l’Assemblée populaire nationale Nabil Rehiche, le ministère rappelle que l’État continue d’assumer une part majeure du financement du programme de location-vente. Concrètement, le Trésor public prend en charge : 100 % du coût du foncier, une aide forfaitaire de 700.000 dinars, l’intégralité des travaux d’aménagement et de viabilisation, ainsi que les intérêts des crédits bancaires contractés dans le cadre du programme. Le montage financier repose principalement sur des prêts bancaires couvrant environ 62 % du coût global, accordés par les banques publiques. Ces crédits sont remboursables sur une durée minimale de 25 ans, avec des intérêts entièrement supportés par l’État. De leur côté, les bénéficiaires contribuent à hauteur de 38 % du coût total, à travers des versements échelonnés jusqu’à la remise des clés. À travers ces éléments, le ministère insiste sur un point central : l’État n’a pas réduit son engagement financier, bien au contraire, il continue de porter l’essentiel de l’effort. C’est toutefois sur la question de la première tranche que la réponse du ministère marque un tournant. Les autorités financières ont clairement indiqué que l’octroi de crédits destinés à financer cette première tranche ne fait pas partie des dispositifs de soutien public direct. Autrement dit, permettre aux souscripteurs, notamment les travailleurs et fonctionnaires, de payer cette avance via des prêts, y compris prélevés sur salaires, relève exclusivement des relations commerciales entre banques et clients, ou des initiatives propres aux employeurs. D’ailleurs, deux critères principaux encadrent cette possibilité, à savoir la capacité de remboursement du bénéficiaire, et les capacités financières de la banque ou de l’entreprise employeuse.Le ministère rappelle, dans ce cadre, que les banques opèrent selon une logique économique basée sur la gestion des risques et la rentabilité, leur mission prioritaire étant le financement d’activités productives créatrices de valeur. Ainsi, même si les banques publiques participent déjà largement au financement du programme AADL, elles ne sont pas tenues de proposer un produit spécifique pour la première tranche en dehors des règles commerciales habituelles. Sans proposer de mécanisme national unifié, le ministère n’exclut pas pour autant des solutions alternatives. Il encourage notamment les entreprises économiques, en particulier celles disposant d’une bonne santé financière, à : mettre en place des prêts internes pour leurs employés, conclure des conventions avec des banques, ou faciliter le paiement via des retenues sur salaires. Ces initiatives restent toutefois conditionnées à l’approbation des instances dirigeantes (conseils d’administration, directions générales), ainsi que la disponibilité des ressources financières nécessaires. Le ministère cite également l’exemple de certaines entreprises où les comités des œuvres sociales ont déjà accordé des prêts sans intérêts aux travailleurs, preuve que ce type de mécanisme existe et peut être reproduit.

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