Réorganisation ministérielle:
Le pari stratégique de Tebboune pour une émergence accélérée

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En spécialisant le ministère dont Mohamed Arkab a désormais la charge aux seuls hydrocarbures et à leurs dérivés, le président Tebboune dote ce département clé de l’économie nationale de tous les leviers indispensables à son expansion. L’autre nouveauté majeure introduite par le chef de l’État concerne le secteur des mines. Désormais, ces ressources disposent d’un ministère spécifique, renforcé par un secrétariat d’État : Mourad Hanifi est ainsi nommé ministre des Mines et des Industries minières, secondé par Karima Tafer en tant que secrétaire d’État. En détachant les hydrocarbures des ressources minières, le président Tebboune, en fin stratège, réadapte ses objectifs initiaux à un environnement énergétique et minier mondial particulièrement favorable à l’Algérie. Il a ainsi décidé d’accorder la priorité absolue à deux piliers : les énergies (fossiles et nouvelles) et les ressources minières, dont le sous-sol algérien regorge. Concernant le premier secteur, le chef de l’État a donné son feu vert pour l’exploitation totale des capacités existantes et futures. L’objectif est ambitieux : doubler la production énergétique d’ici 2028. En érigeant le ministère de l’Énergie en un département exclusivement dédié à la propulsion de la production vers des niveaux records, le président ambitionne de placer l’Algérie au rang d’acteur pivot, tant dans les énergies fossiles que dans les segments d’avenir comme l’hydrogène vert ou l’hélium. Sur le front du pétrole, si l’Algérie n’a jamais été perçue comme un géant de l’or noir, de récentes recherches confirment que le sous-sol saharien recèle encore des gisements majeurs, longtemps restés inexplorés faute de priorité. Aujourd’hui, la nouvelle loi sur les hydrocarbures et le code des investissements simplifient radicalement les procédures pour attirer les investisseurs étrangers, libérés des contraintes bureaucratiques passées. Toutefois, c’est le gaz naturel, dont l’Algérie figure parmi les dix premiers producteurs mondiaux, qui demeure la priorité absolue face à une demande mondiale galopante. Le nouveau ministère va prioritairement se pencher sur le doublement, voire le triplement, des capacités de liquéfaction (GNL). La proximité géographique de l’Algérie, idéalement située en Méditerranée, est un atout maître. Elle offre un accès direct à l’Europe mais aussi à la mer Rouge via le canal de Suez, permettant d’éviter les zones de tensions sécuritaires et les routes vulnérables que sont Bab el-Mandeb et le détroit d’Ormuz. Le second «joker» de l’Algérie de Tebboune réside dans ses ressources minières. Le minerai de fer, le plomb, le zinc et le phosphate (brut ou transformé en engrais) sont des richesses longtemps sous-estimées. Sous l’impulsion du président, qui a toujours milité pour leur développement, ces ressources deviennent éminemment stratégiques. Les décisions actées ce week-end par le chef de l’État dessinent une trajectoire claire: réduire les délais pour mener l’Algérie vers une émergence économique durable, condition sine qua non de son rayonnement politique sur la scène internationale. Comme le dit l’adage : «Qui ne risque rien, n’a rien» ; et l’Algérie semble aujourd’hui avoir toutes les cartes en main pour gagner ce pari audacieux.

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