Relations algéro-françaises:
Le crépuscule d’une hypocrisie diplomatique

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Le dernier épisode en date du contentieux entre la France et l’Algérie porte sur le refus persistant de Paris de restituer le patrimoine historique et culturel saisi, ou purement et simplement spolié, durant la période coloniale. Alors qu’une nouvelle loi française vient d’être votée concernant la restitution d’objets culturels à certains pays africains, l’Algérie en a été ostensiblement exclue. Cette décision sonne comme une réponse de la France à la législation algérienne criminalisant la colonisation. Elle marque, par la même occasion, l’échec définitif du projet mémoriel porté par Emmanuel Macron. La page semble désormais tournée sur un constat de rupture : « Vous avez votre lecture de l’histoire, nous avons la nôtre ». Depuis près de deux ans, les relations diplomatiques sont figées. Le fait qu’Alger n’ait toujours pas renvoyé d’ambassadeur à Paris témoigne de l’impossibilité de restaurer une normalité diplomatique, surtout après la décision d’Emmanuel Macron de reconnaître la « marocanité » du Sahara occidental. Malgré quelques vaines tentatives françaises pour rétablir le dialogue, le processus se heurte à un parasitage constant d’acteurs animés d’une hostilité manifeste envers l’Algérie. Cette politique du « un pas en avant, deux pas en arrière » est devenue la norme, brisant tout espoir de retrouver un climat de confiance. Rien ne sera plus comme avant, et, aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette situation clarifie les choses. Pendant des décennies, les deux capitales ont entretenu un comportement savamment dosé, simulant une entente cordiale sur fond de rancœurs réelles. Aujourd’hui, la franchise brutale a remplacé les faux-semblants. Ce jeu de poker menteur touche à sa fin, car les nouvelles générations d’hommes politiques algériens sont radicalement différentes des précédentes. Pur produits de l’indépendance, ces responsables n’ont pas vécu la colonisation et n’ont pas participé à la guerre de libération. Leur logiciel est strictement nationaliste et pragmatique. Pour cette classe politique de la « Nouvelle Algérie », la France ne saurait bénéficier d’un traitement privilégié. Le passé colonial devient un fait d’histoire parmi d’autres, et la défense des intérêts nationaux prime sur toute considération sentimentale. Quant à la diaspora, si elle conserve un lien filial et émotionnel avec la terre de ses ancêtres, elle vit sa propre réalité de l’autre côté de la Méditerranée. Cette double appartenance n’aura plus d’impact sur la nouvelle forme des relations algéro-françaises, lesquelles s’éloignent irrémédiablement d’un passé qui ne parvient plus à dicter l’avenir.

 

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