Le Saint-Siège envisage d’ouvrir une ambassade en Algérie. Parallèlement, nous apprenons que le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, a été reçu en audience par le pape Léon XIV au Vatican. Ce sont autant de signes forts qui laissent penser qu’entre l’Algérie et la plus haute représentation de l’Église catholique apostolique et romaine, les liens se renforcent de manière significative depuis la visite historique du souverain pontife en terre algérienne. Visiblement, le chef de l’Église catholique n’a pas oublié l’accueil extraordinairement chaleureux qu’il a reçu en Algérie, un pays à 99% musulman. Ce rendez-vous mémorable entre les deux religions a profondément marqué les esprits. L’Algérie, pays pratiquement méconnu par les populations autochtones catholiques d’Amérique centrale et du Sud, est aujourd’hui célèbre grâce aux images transmises par les télévisions locales et nationales de ces pays. Ces dernières avaient suivi en direct la messe célébrée par le pape Léon XIV dans la basilique Saint-Augustin à Annaba. Il est utile de rappeler que ce Saint a donné son nom à l’ordre religieux auquel appartient le souverain pontife lui-même. Désormais, ces descendants des Aztèques, des Mayas et des Incas convertis au catholicisme, auxquels s’ajoutent les populations de souche espagnole, savent qu’une des plus grandes figures du catholicisme était née dans cette Algérie, à partir de laquelle il illumina l’Église de Rome par sa pensée. Il allait donc de soi que ce pays mérite la plus grande attention. Quoi de plus normal, dès lors, que d’ouvrir une ambassade du Saint-Siège à Alger ? Tout comme naît l’envie pour tout fervent catholique dans le monde de visiter ce pays et de marcher sur les traces de Saint Augustin, à l’instar de ce que font tous les catholiques en empruntant le chemin suivi par l’apôtre Jacques vers Compostelle. Cette haute appréciation papale de l’Algérie met fin à tous les préjugés qui circulaient concernant ce pays, et dont les auteurs sont identifiés comme faisant partie des ex-colonisateurs de ce pays qui, depuis l’accession à son indépendance, ont terni sciemment, et la plupart du temps mensongèrement, son image et sa réputation. Plus personne désormais, hormis ceux qui continuent de s’acharner contre l’Algérie pour les raisons que nous venons d’évoquer, ne citera l’Algérie comme un pays où règne l’intolérance, la discrimination religieuse ou le fanatisme extrémiste. Par ailleurs, le pape Léon XIV, en recevant le recteur de la mosquée de Paris, lance un message à la France. Il lui fait comprendre que le dialogue entre les chrétiens et les musulmans doit aussi s’étendre en terre chrétienne, en acceptant de parler et de débattre avec d’autres religions. La rencontre que le souverain pontife a eue avec le représentant le plus connu de la religion musulmane en France est aussi une manière de dire aux catholiques français qu’ils doivent cesser de marginaliser une religion qui compte cinq millions de fidèles. Le fait que Chems-Eddine Hafiz ait été reçu au Vatican ne relève pas du fortuit ou du simple hasard. C’est aussi une reconnaissance implicite du rôle majeur que joue l’Algérie dans le fonctionnement de l’islam sunnite en France. Le recteur de la mosquée de Paris est un théologien respecté par l’Église catholique de France. Il est également apprécié pour sa connaissance approfondie des Évangiles. Il se démarque très largement d’autres représentants de courants musulmans lesquels sont, soit attachés idéologiquement à une forme d’islam rigoriste incompatible avec une France républicaine et laïque, ou alors à la prééminence culturelle d’un pays au détriment d’autres pays. Il est aussi utile de rappeler que le recteur de la mosquée de Paris est un franco-algérien. Le fait qu’il ait été reçu en audience par le pape est aussi un signe d’amitié de Sa Sainteté adressé directement à l’Algérie.
