L’analyse de la position des courants politiques français classés à l’extrême droite, ou marqués par une ligne xénophobe, vis-à-vis de l’Algérie, révèle une dynamique complexe, souvent dictée par des impératifs électoraux internes plutôt que par une vision géopolitique apaisée.
Pour ces courants, l’Algérie n’est pas un partenaire étranger ordinaire. Elle occupe une place centrale dans leur récit historique, souvent teinté d’une nostalgie de l’Algérie française. Cette « mémoire blessée » est utilisée pour alimenter une méfiance structurelle. L’Algérie est régulièrement présentée comme une nation qui n’aurait pas «tourné la page» de la colonisation, ce qui sert d’argument pour justifier une agressivité diplomatique perçue comme une « fermeté nécessaire » La xénophobie de ces mouvements s’articule autour de la question migratoire. Dans leur discours : L’Algérie est fréquemment désignée comme un État «peu coopératif» en matière de réadmission des ressortissants faisant l’objet d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Ces partis prônent systématiquement la pression, voire le chantage (réduction drastique des visas ou sanctions économiques), pour forcer Alger à coopérer. Les faits divers impliquant des ressortissants algériens en France sont systématiquement instrumentalisés pour criminaliser l’ensemble de la communauté algérienne et, par ricochet, pour exiger une rupture avec les autorités algériennes. Lorsqu’un rapprochement a lieu entre Paris et Alger (comme ce fut le cas lors de certaines phases du quinquennat d’Emmanuel Macron), ces courants politiques le dénoncent avec virulence. Ils y voient : Une forme de « soumission » de l’exécutif français à une « puissance étrangère hostile ». Une tentative d’acheter une « paix sociale » dans les banlieues françaises, en flattant un électorat supposé sensible à la politique algérienne. Leur opposition est donc autant dirigée contre Alger que contre le gouvernement français en place, accusé de privilégier les relations avec l’Algérie au détriment des intérêts des nationaux.
La droite radicale française perçoit souvent l’Algérie à travers un prisme de « menace » :
Ces énergumènes accusent régulièrement Alger de favoriser l’islamisme ou de mener une « guerre hybride » contre la France, en utilisant l’immigration comme un levier de pression démographique. Le discours d’Alger sur sa souveraineté totale et son refus de toute ingérence est perçu par ces courants comme une posture agressive et un refus de reconnaître les « bienfaits » de l’histoire commune, ce qui justifie, selon eux, une posture de confrontation plutôt que de diplomatie. Pour ces partis, l’Algérie constitue l’un des rares sujets capables de cristalliser à la fois les peurs liées à l’islam, à l’immigration et au passé colonial. Maintenir une tension avec Alger est, pour eux, un avantage politique : En interne, cela permet de satisfaire une base électorale qui demande de la radicalité et de la rupture. En externe, cette posture leur permet de se présenter comme les seuls « défenseurs des intérêts français » face à ce qu’ils qualifient de « chantage algérien ». Ainsi la droite xénophobe française ne cherche pas le dialogue, car l’apaisement avec l’Algérie priverait leur discours d’un de ses leviers de mobilisation les plus efficaces. Pour ces courants, l’Algérie est davantage utilisée comme un outil de politique intérieure française (pour parler aux électeurs) que comme un acteur diplomatique avec lequel il s’agirait de construire une relation pérenne. L’hostilité n’est pas tant le résultat d’une analyse des besoins réels des deux pays, mais le moteur d’une stratégie de clivage permanent.
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