Algérie-États-Unis:
Une coopération économique en marche, une prudence stratégique maintenue

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Les relations entre l’Algérie et les États-Unis connaissent une dynamique nouvelle, portée principalement par le volet économique. Si le rapprochement est palpable, les autres secteurs de coopération demeurent abordés avec une grande retenue. En témoigne la récente visite à Alger de l’amiral Georges Wikoff, commandant des forces de l’OTAN en Europe et en Afrique, reçu par le général d’armée Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP). Lors de cet entretien, si le général Chengriha a salué la qualité des relations algéro-américaines, il a réitéré avec fermeté la neutralité de l’Algérie vis-à-vis des conflits internationaux. Un principe immuable depuis l’indépendance, signifiant implicitement qu’Alger refuse tout alignement géopolitique. Ce message a été clairement entendu : devenue une puissance militaire régionale incontournable, l’Algérie n’entend pas sacrifier sa liberté de mouvement dans des spirales conflictuelles étrangères. Sur le plan de l’armement, les intentions américaines sont manifestes. Washington ne cache plus son intérêt pour le marché algérien, qui consacre chaque année une part importante de son budget, environ 10 milliards de dollars, à la défense. Toutefois, cette ambition se heurte à une réalité stratégique : la conditionnalité imposée par les États-Unis. Alger, qui privilégie l’efficacité opérationnelle totale, reste réticente à l’idée d’acquérir des équipements dont l’usage serait restreint ou soumis à des pressions politiques. À l’inverse, le partenariat avec la Russie et la Chine repose sur une confiance mutuelle historique, sans soupçons ni contraintes d’usage. Par conséquent, une coopération militaire poussée entre Washington et Alger semble, à court terme, limitée au domaine des intentions. À l’opposé, le volet économique emprunte une trajectoire bien plus prometteuse. Des géants américains de l’énergie et de l’agro-industrie manifestent un intérêt croissant pour les opportunités offertes par le marché algérien. Cette synergie est mutuellement bénéfique : alors que l’Algérie modernise ses capacités de production, ces projets offrent des débouchés salvateurs à certains secteurs américains en difficulté. Les vastes complexes céréaliers et fermes d’élevage en cours de réalisation dans le Sud algérien ouvrent, de fait, de nouvelles perspectives pour les producteurs du Midwest, du Montana et du Kansas, contribuant ainsi à soutenir l’emploi outre-Atlantique. En définitive, si ce rapprochement algéro-américain est sélectif, il pourrait, par la rigueur et la fiabilité des engagements, s’étendre progressivement à d’autres sphères. Il demeure toutefois un domaine où le silence est de mise : celui de la diplomatie directe. À cet égard, le maintien prolongé du poste d’ambassadeur des États-Unis à Alger, vacant depuis le départ de Mme Aubin il y a deux mois, soulève des interrogations sur la véritable profondeur du dialogue politique entre les deux capitales.

 

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