Par Kheireddine Boukhalfa—/—
Le niveau de développement économique ne suffit pas, à lui seul, à mesurer la qualité de vie d’une population. C’est le constat mis en avant par le World Happiness Report 2026, le rapport annuel publié sous l’égide des Nations unies, qui évalue le bien-être ressenti par les habitants de plus de 140 pays. En effet, dans cette nouvelle édition, l’Algérie confirme sa bonne performance en occupant la 83e place mondiale et surtout le 3e rang africain, un classement qui la place parmi les pays où les citoyens déclarent le plus haut niveau de satisfaction de vie sur le continent. À l’échelle de l’Afrique, seules l’Île Maurice (73e mondiale) et la Libye (81e) devancent l’Algérie. Cette dernière se positionne devant plusieurs économies africaines de premier plan, notamment le Mozambique (93e), le Gabon (96e), la Côte d’Ivoire (98e), le Cameroun (100e), l’Afrique du Sud (101e), le Niger (103e) et la Tunisie (105e). Ce résultat traduit une perception globalement favorable des conditions de vie, malgré un contexte économique international marqué par les tensions inflationnistes et les incertitudes géopolitiques. Dans ce sillage, le rapport explique que le bonheur perçu ne dépend pas exclusivement du revenu des ménages. Plusieurs dimensions sont prises en compte pour comprendre la satisfaction des populations. Dans le cas de l’Algérie, plusieurs facteurs contribuent à cette bonne position, notamment : un système de protection sociale qui limite l’impact du coût de la vie grâce aux différents mécanismes de soutien, une espérance de vie en bonne santé relativement élevée au regard de la moyenne africaine, l’accès aux services publics essentiels, qui participe à la stabilité du quotidien des citoyens. Ces éléments permettent au pays de conserver une place de premier plan sur le continent, alors même que certains États affichant des performances économiques importantes restent pénalisés par des inégalités sociales ou une moindre cohésion. Il convient de préciser que le World Happiness Report s’appuie sur les enquêtes réalisées par Gallup entre 2023 et 2025. Les personnes interrogées sont invitées à évaluer leur satisfaction de vie sur une échelle allant de 0 à 10. Pour interpréter ces réponses, les chercheurs prennent en considération six grands indicateurs : le PIB par habitant, le soutien social dont bénéficie chaque individu, l’espérance de vie en bonne santé, la liberté de faire ses propres choix de vie, la générosité et la solidarité au sein de la société, et la perception de la corruption dans les institutions. L’objectif est ainsi de mesurer le bien-être sous un angle plus large que les seuls indicateurs économiques. Par ailleurs, et comme lors des précédentes éditions, les pays nordiques dominent largement le classement mondial. La Finlande conserve la première place pour la neuvième année consécutive, illustrant la stabilité de son modèle social, suivie notamment par d’autres pays d’Europe du Nord qui figurent régulièrement parmi les meilleurs élèves en matière de qualité de vie.
