Mali:
 Bamako confirme la fin de la crise avec Alger et salue le rapprochement entre Tebboune et Goïta  

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Par Mohamed Tahar Aissani—/—

Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a affirmé que la période de tensions entre le Mali et l’Algérie appartenait désormais au passé, soulignant l’existence d’une large convergence de vues entre le président de la transition malienne, le général Assimi Goïta, et le président de la République algérienne, Abdelmadjid Tebboune, notamment sur les principes de souveraineté des États et de non-ingérence dans les affaires intérieures. Le chef du gouvernement malien a indiqué que Bamako et Alger avaient tourné la page de la crise qui avait affecté leurs relations ces derniers mois. Il a fait état d’un rapprochement politique significatif entre les deux pays, après une période de fortes tensions provoquée notamment par l’incident d’un drone de reconnaissance malien abattu à proximité de la frontière, l’Algérie ayant alors affirmé que l’appareil avait pénétré son espace aérien. Selon Abdoulaye Maïga, les deux pays partagent aujourd’hui une volonté commune de contribuer à l’édification d’un espace régional fondé sur la paix, la sécurité et la stabilité, à l’abri du terrorisme, du néocolonialisme et de toute forme de domination. Le responsable malien a reconnu que certaines divergences avaient pu apparaître par le passé sur plusieurs dossiers, sans toutefois remettre en cause, selon lui, l’entente existant entre Assimi Goïta et Abdelmadjid Tebboune sur les grands principes régissant les relations entre États. Il a particulièrement insisté sur le respect de la souveraineté nationale et le refus de toute ingérence extérieure. Maïga a également mis en avant la profondeur des liens historiques, culturels et humains unissant les peuples malien et algérien. Il a rappelé qu’un grand nombre de responsables maliens avaient été formés en Algérie, précisant qu’il avait lui-même suivi une partie de sa formation à l’École nationale d’administration d’Alger. Pour le Premier ministre malien, ces relations fraternelles constituent un socle qui doit permettre aux deux pays de développer davantage leur coopération dans différents domaines et de préserver une relation privilégiée malgré les différends susceptibles de surgir ponctuellement. Il a par ailleurs assuré qu’il n’y avait jamais eu de rupture totale des relations diplomatiques entre Bamako et Alger. Les deux pays, liés par une histoire commune et par une frontière terrestre de plus de 1 300 kilomètres, ont continué, selon lui, à privilégier le dialogue, le respect mutuel et la défense de leurs intérêts communs. Le responsable malien a néanmoins reconnu l’existence de désaccords sur certains dossiers au cours des derniers mois, estimant que de telles divergences pouvaient survenir dans les relations diplomatiques sans pour autant remettre en cause les liens structurels entre les deux voisins. Les signes de détente se sont multipliés récemment. Les autorités maliennes ont annoncé le retour de leur ambassadeur à Alger ainsi que la réouverture de leur espace aérien aux avions civils et militaires algériens. Bamako a également décidé de reprendre l’accueil des vols en provenance d’Algérie ou à destination de celle-ci. Ces mesures sont intervenues après l’annonce, par le ministère algérien de la Défense nationale, de la réouverture complète de l’espace aérien algérien au trafic malien, parallèlement au retour de l’ambassadeur d’Algérie à Bamako. L’Algérie avait décidé, le 7 avril 2025, de fermer son espace aérien à tous les vols en provenance ou à destination du Mali, justifiant cette décision par ce qu’elle qualifiait alors de violations répétées de son espace aérien par la partie malienne. Cette mesure avait été prise au plus fort d’une crise diplomatique entre les deux pays, aggravée par l’accusation des autorités de transition maliennes selon laquelle l’armée algérienne aurait abattu un drone malien près de la frontière commune. Une version que les autorités algériennes avaient catégoriquement rejetée. Les dernières déclarations de Bamako et les mesures prises de part et d’autre témoignent désormais d’une volonté d’apaisement et de normalisation. Après plusieurs mois de crispations, Alger et Bamako semblent ainsi vouloir privilégier le rétablissement de la confiance et la relance d’une coopération dictée autant par leur proximité géographique que par les enjeux sécuritaires communs auxquels est confrontée la région sahélienne.

 

 

 

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