Entreprises de façade et milliards évaporés:
Comment la fausse facturation asphyxie l’économie nationale

0
13

L’enquête menée dans le cadre de l’affaire des « 9 200 milliards de centimes » par le Service central de lutte contre la criminalité organisée (SCLCO) de Constantine met en lumière une mutation profonde des pratiques criminelles financières. Au-delà des méthodes traditionnelles de blanchiment par l’immobilier ou l’acquisition de biens ostentatoires, le réseau s’est appuyé sur une ingénierie numérique sophistiquée pour dissimuler l’origine des fonds et profiter de ces situations pour amasser d’importants capitaux et les placer hors des frontières. Pour échapper à la vigilance des autorités de régulation bancaire et des cellules de renseignement financier, les artisans de ce vaste réseau au nombre de 25 arrêtés, ont eu recours à de l’ingéniosité et du savoir-faire maléfique. Les sommes colossales générées par la fausse facturation découpées en micro-transactions. Ces transferts fragmentés transitaient par des entreprises fictives, des portefeuilles numériques intermédiaires et des plateformes de paiement en ligne moins régulées, rendant la traçabilité des fonds extrêmement ardue pour les enquêteurs. L’un des vecteurs majeurs de la spéculation en devises résidait dans l’instrumentalisation des opérations d’importation. En mettant en place certaines sociétés écrans, le réseau surévaluait massivement la valeur des marchandises commandées. Le réseau criminel s’appuyait sur plus de 400 registres de commerce fictifs (sociétés fantômes) et de faux cachets administratifs. Ils simulaient des transactions commerciales à grande échelle pour blanchir de l’argent et faire circuler des sommes astronomiques en dehors du circuit bancaire légal. Les forces de l’ordre ont également récupéré 23 milliards de centimes en liquide dissimulé dans des sacs, ainsi que de nombreux véhicules et camions. Cependant, la différence entre le coût réel des biens et les montants validés était ainsi siphonnée en devises fortes (euros, dollars), alimentant des circuits de change parallèles ou des investissements off-shore dissimulés. Cette fuite massive de capitaux a contribué à assécher les liquidités et à perturber les équilibres macroéconomiques régionaux. Cette affaire est venue suppléer une nébuleuse d’entreprises fictives, n’employant au maximum que cinq personnes, abritées sous un même siège social et brandissant de faux documents, parvient à présenter des programmes d’importation vertigineux dépassant 130 milliards de dollars, au point de surclasser le budget cumulé de plusieurs pays voisins, nous ne sommes plus face à une simple infraction financière, mais bien devant un séisme systémique. Ce gigantisme de la fraude, qui a fait réagir au plus haut sommet de l’État avec des poursuites judiciaires d’envergure, asphyxie à la fois le Trésor public et les fondements de l’économie nationale. Le premier impact direct se mesure par l’hémorragie colossale subie par le Trésor public : De tels programmes d’importation, adossés à des facturations fictives ou surévaluées, s’emparent des crédits documentaires et des réserves officielles en devises de l’État. Des milliards de dollars sont ainsi siphonnés hors des circuits officiels pour alimenter la spéculation ou financer des avoirs à l’étranger. En l’absence d’activité réelle, de production ou de valeur ajoutée, ces entités fantoches génèrent un manque à gagner fiscal abyssal. Les droits de douane, la TVA et l’impôt sur les sociétés éludés privent l’État des ressources nécessaires pour financer les grands investissements publics, les infrastructures de santé, d’éducation et le soutien social. Au-delà des pertes comptables, c’est la santé macroéconomique et la souveraineté industrielle du pays qui sont perverties: Des structures microscopiques à cinq employés gérant des flux colossaux court-circuitent totalement le marché formel. Les entreprises productives nationales, qu’elles soient publiques ou privées, se retrouvent étouffées par une concurrence déloyale écrasante. Lorsque les facilités bancaires, les cautions et les quotas d’importation sont captés par des prête-noms au profit d’activités spéculatives, les véritables entrepreneurs et PME créatrices d’emplois se voient assoiffés de liquidités et de financement.

La réaction de l’Etat et l’impératif de salubrité économique

L’intervention ferme du président de la République et l’engagement de poursuites judiciaires massives traduisent la prise de conscience de la menace. En s’attaquant à ces cartels de la fausse facturation, à l’instar des dossiers traités de Constantine jusqu’aux pôles judiciaires régionaux, l’État vise à restaurer l’équité concurrentielle, à protéger les deniers publics et à assainir le climat des affaires pour redonner toute sa place à l’économie réelle et productive. Le tribunal d’El Hadjar avec ce dossier qui avoisine les 9200 milliards de centimes se trouve en face d’une situation rocambolesque et très compliquée qualifiée de scandale financier où la doigté et le professionnalisme des magistrats sont de mise. L’Etat doit frapper fort et mettre fin à ce genre de trafic né des résidus de l’ancienne içaba.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici